BUSTE DE VICTOR HIGO
Par Rodin.
iS
i.KS i)i;ssiNS 1)1-; \ iciok m go. 139
Il JL'vicnt alors très intéressant de suivre révolution de Victor Hui^o dessinateur, à travers son leuvrc même, ses dessins se développant et se modiliant comme parallèlement à ses écrits. Ses dessins, comme ses (euvres, nous montrent trois manières que Ton trouvera aisées à distinguer dès qu'on les aura étudiés quelque peu : la manière line , châtiée , soignée, de ses premières poésies, auxquelles certains de ses contemporains trouvaient pourtant de si damnables audaces ; la manière plus libre, devenue absolument personnelle, magnifique de couleur, pleine de hardiesse et de puissance, de toute sa grande période; enfin, la manière grandiose, pleine de fougue et de rêve, de ses vastes poèmes tels que Dieu ou la Fin de Satan. Dans cette dernière, l'aspect étrange, le caprice visionnaire, se signalent par des rehauts de coloris exaspérés, de fougueuses traînées d'encre, les brusques contrastes de lumière et d'ombre, tandis que les dessins des autres manières sont le plus souvent en forme de camaïeux purs, et les rehauts de couleur n'apparaissant qu'occasionnellement et avec des sortes de vivacités timides.
Ceci nous amène à préciser encore ce qui concerne l'esprit, puis la technique des dessins de Victor Hugo. Les premiers ayant été surtout des notes et des croquis de voyage, il s'est borné à employer les simples et rationnelles ressources de la mine de plomb qui servait au renseignement jeté sur le calepin, ou de la