‹ La maison de Victor HugoChapitre 83 sur 92 · FRANÇOIS-VICTOR · texte numérisé non relu

FRANÇOIS-VICTOR

Hll};0.

LA iMAISON ni-; XIC'IOK

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de façon très serrée, les [lortraits du général Hugo, de N'iclor Hugo et de sa femme, cnlin ceux de ses lils. Il y trouxerait des transmissions surprenantes, soit de traits de force, soit d'accents de douceur et de grâce. L'étude des yeux de la mère et des fils,

notamment, sera pour un physionomiste judicieux l'objet de très belles remarques. Je me contente d'en suggérer l'idée, en passant. Mais en euxmêmes, ces portraits des fils sont d'une grande beauté ; ils sont bien tels que les dépeint le père, sans exagération ni complaisance : « L'aîné, le premier-né, est un esprit alerte et vigoureux, le second est un esprit aimable et .. Ces deux frères sont comme le complément l'un de l'autre : l'aîné est le rayonnant, le plus jeune est l'austère ». Braves, avec cela, épris éperdument d'idéal ; dignes en tous points du nom qu'ils portent, le polémiste et le romancier ardent qu'est Charles, et le savant traducteur de Shakespeare qu'est François- 'Victor. (( Leurs premiers travaux sont récompensés; ils sont décorés de bonne heure, l'un de six mois de prison pour avoir combattu Téchafaud, l'autre de neuf mois pour avoir défendu le droit d'asile. » Et avec tous ces dons, toutes ces beautés, chose étrange et douloureuse, leurs traits disent cependant une certaine

AlAUEMOISELLE ADÈLE FOL'CHER.

Par Aihitle Devrria.

grave.

MAHAME VICTOR llUr.O

i'alalité. Il v a Je la tristesse dans ces (iers visages, et Ton dirait je ne sais que! acL'ablenient dans cette distinction et cette donceiu". Tous deux sont morts jcimes, et nous sonmics ramenés encore ime fois à la pensée que la douleur, la sublime douleur, a pris une grande place dans la \ie de triomphes et de gloire du poète.

Le " témoin de la vie » de ce poète, Mme Adèle Hugo, est naturellement représentée dans cette galerie d'histoire et de souvenirs. Klle est représentée non seulement par ses propres images, mais encore par ses œuvres retraçant ses êtres chers.

En ce qui la concerne, comparez, avec le portrait au crayon de Devéria, si déli-

ADELE HUGO.

Fi//d (le Viclor Hugo, Dessin par Mme Victor Hugo.

cieux de grâce, dont nous avons déjà parlé, le portrait photographié à un âge assez avancé, où tous les traits ont pris une accentuation si vigoureuse et d"une si superbe noblesse, la magnifique et impérieuse courbure du front, la belle ligne du nez, Tair de bonté, de connaissance de la vie qui anime tout ce visage, et vous comprendrez cet autre portrait, le discours de M. Paul Meurice sur la tombe de cette femme : « Comme elle aimait! Comme elle aimait à être aimée! Comme elle savait souffrir avec ceux qu'elle aimait!... Elle était la femme de

l'homme le plus yrand qui soit, et, par le cœur, elle se haussait à ce génie. I-'lle Tégalait presque à force de le comprendre. »

Quant à ses œuvres, ce sont des portraits dessinés de ses quatre enfants, Léopoldine, Adèle, Charles, François-\ictor ou, plutôt,

de ces diminutifs charmants que l'on voit si souvent revenir à la fin des lettres de Victor Hugo en voyage: Didinc,Dédé, Chariot et Toto. Ces dessins sont d'une naïveté qu'on ne peut s'empêcher de noter en souriant , mais d'une si grande bonne volonté, et, dans leur timidité de trait, d'un si grand amour, que le sourire s'achève en attendrissement.

Puis, chose singulière, un portrait qui date de plusieurs années plus tard, un crayon, d'après Léopoldine tout à fait jeune fille, est alors non moins fin, non moins délicat, mais d'un dessin tout à fait pur, en un mot une chose d'art vraiment accomplie.

Ce sont encore, après cela, des documents qui se rattachent à la jeunesse de Victor Hugo ; par exemple, l'aquarelle de Louis Boulanger représentant la maison de Gentilly et les fameuses allées de peupliers. D'autres se rapportant à ses amitiés, aux intimités de son cœur et de son esprit, et la photograpihie reprend

CHARLES ET ADELE lUGO.

Dessin lie Mme ]'iitor Hugo.

^^« c-y -yu^S ,

TITRE d'envoi de "la LÉGENDE DES SIÈCLES."

ici son rôle. I~)ans le jardin d'Hautevilie House, on voit, réunis autour du poète, ses (ils, Mme Victor Hugo, Auguste Vacqucrie, etc., etc. Sur la terrasse de la villa de M. Meuricc à Veules, on voit le maître et son ami, tous deux d'imc grande resserhblancc, et d'un caractère que la photographie n'atteint pas toujours.

Enfin, nous signalerons encore une belle photographie de Mme .Tuliette Drouet, avec ses bandeaux blancs, sa jupe à gros plis, et si cette photographie ne remplace pas le beau et célèbre portrait de Bastien Lepage, du moins il constitue un fort beau document que viennent éclairer ces lignes si jolies de Georges- Victor Hugo, qui représente l'amie du poète assistant aux jeux turbulents des petits-enfants :

« Une vieille dame, assise dans un coin, regardait cette joie tourner autour d'elle. Elle était placide et respectueuse. Avec sesmains ridées, elle battait la mesure de nos chants, et nous nous trouvions toujours devant son sourire. J'ai mieux connu, plus tard, cette pâle figure aux soyeux bandeaux blancs, figure douce comme celle d'une madone de Luini qui serait vieille. Elle laissait, en marchant à petits pas, un léger parfum de verveine. Elle portait des robes de soie à la mode romantique, et, sur les guipures de ses guimpes, au bout d'une fine chaîne d'or, se balançait un camée. Les corsages à courtes basques, un peu décolletés comme il convenait à la coquetterie de son âge, avaient des manches pagode ; sur ses mains retombait un bouffant de fine batiste, qui rendait aux gestes de ses doigts engourdis un peu de la grâce d'autrefois. »

Voilà à peu près rappelés les principaux documents iconographiques — mais le Musée et les cartons en contiennent des quantités d'autres — que l'on trouvera dans la chambre des souvenirs. Et, puisque nous venons de prononcer le nom de Bastien-Lepage, rappelons que la grande salle du premier

l'oiriRAirs I)Ivi-:rs

ctaf^c ciiiiticiit un ucsmii de [ircmicr (H\lrc Je lui. un poitiMit 1.1c Victoi- lluL^d cxccuic pcnJanl i.|uc l'ai liste pci,i;iuiit. prcciscmcnt, le iKUtrail de Mme Drouct. Ce j^ortrait, celui de r>onuat, 1res célèbre et qui n'est [ilus à décrire, car il n'est personne qui n'en ail \u t)u nicme n'en possède quelque reproduction, et celui de Chifllart, dune ressemblance très incertaine, mais d'une réelle énergie, voilà les images que nous avions à rappeler en terminant tout ce qui concerne les traits mêmes de Victor Hugo.

Toutefois, la re^■ue serait encore incomplète si nous ne mentionnions pas les belles médailles de David d'Angers, de Chaplain et de Roty, qui se trouvent, avec diverses autres, dans les vitrines.

Beaucoup d'autres souvenirs sont susceptibles d''intéresser le visiteur, entre autres une aimable petite peinture de fleurs par Charles Hugo, qui prouve que le sens artistique lui avait été transmis en même temps que le sens littéraire. Je citerai encore les admirables moulages de la main puissante et line de Victor Hugo. Puis, réunis par une sorte de petit meuble de l'invention du poète lui-même, quatre encriers, précieux autant qu'humbles de matière : ceux de Lamartine, de George Sand, d'Alexandre Dumas, et de Victor Hugo lui-même. Ils avaient été donnés, avec

VICTOR HIGO.

fDf la Série de Gtiertiesey.)

des attestations autographes qui sont placées sous verre et qui étaient naguère dans les tiroirs de ce petit meuble, pour une vente de charité qui eut lieu à Guernesey.

là les enfants — on les trouve sans cesse mêlés à la vie de Victor Hugo ou aux préoccupations de ceux qui l'aiment et l'admirent — • auront aussi de quoi être spécialement intéressés par certains objets de cette galerie. Ils verront un échantillon des « choses en carton » que le poète faisait pour amuser ses petits amis. C'est une sorte de petit meuble à tiroirs, a\ec ornements d'or sur fond noir, riche marqueterie à bon marché de cuivre sur ébène.

Mais aussi les studieux, les méditatifs, les ambitieux peut-être, pourront contempler les livres de classe d'un écolier qui devait remplir le monde de son nom et de sa pensée. Un de ces livres est un Tacite qui peut n'avoir pas été sans collaborer, à une quarantaine d'années de distance, aux Châtiments.

VICTOR HIGO, I>Al L MFIBICE ET Al lU STE VACQIERIE.

OBJETS POPILAIBES.

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