LE RÔLE DE LA PAPETERIE ET DES ARTICLES DE FUMEURS
L.\ Maison de Victor Hugo est destinée au peuple, et le peuple lui-même a travaillé pour la Maison de ^'ictor Hugo.
L'œuvre splendide et grave se termine sur un sourire. A la hase est l'entreprise colossale du poète, de l'écrivain, de l'artiste, ainsi que l'hommage qu'apportent à cette entreprise les esprits les plus raffinés, les plus nobles et les plus ardents. Mais dans les mansardes de la maison se logent mille objets, témoins d'un humble enthousiasme, qui furent conçus et œuvres dans les mansardes de Paris et en ornèrent naïvement d'innombrables.
Il y a une curieuse et touchante correspondance (car c'est une correspondance plutôt qu'une opposition) entre les œuvres des artistes au cer^•eau cultivé et aux mains habiles, et les essais des
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ouvriers aux cerveaux pleins de bonnes intenti(jns et aux mains incertaines. La pièce qui contient Icn bibelots de toute sorte qui attestent combien lame de N'ictor Hugo se déversa dans râmc ]V)pulaire, et qui témoignent, par les destinations et les applications les plus inattendues, combien cette gloire fascina les simples comme elle émerveilla les plus éclairés, ne sera pas la moins curieuse ni la moins visitée. l'^lle oll're aussi, comme nous allons le voir, certains enseignements, qui sont peut-être assez bons à ne pas laisser perdre.
Cette partie des collections a été réunie par un homme de bonne volonté et de chaleureuse candem-, M. Paul Beuve. Pauvre, il s"est souvent imposé des privations pour acquérir des objets de pauvre. Une boîte ornée de quelque image criarde a fait crier la faim dans son estomac privé d'une partie de son déjeuner, et il est des têtes de pipes, modelées avec plus de conviction que de ressemblance à Timage approximati\"e du poète, qui représentent pour le collectionneur de longues et courageuses économies sur son propre tabac.
M. Paul Beuve a dressé lui-même le catalogue de sa curieuse collection, et nt)us ne saurions entrer dans le détail de tant d'objets divers, touchants, humbles, parfois comiques, souvent bien inattendus, généralement bien intentionnés, mais parfois destinés à souligner les qualités de celui qui rend l'hommage autant que la gloire de celui à qui l'hommage est rendu. Ces derniers objets, pour leur donner leur nom, sont les réclames.
Enefïet, la collection répond à ces deux ordres d'idées fraternels mais dilférents : la gloire et la publicité. Si l'on voulait tracer une allégorie à la façon surannée, on dirait que la Renommée s'avance donnant la main gauche à la Publicité et la main droite à la Gloire, toutes les deux semant sur leur route un nombre infini d'images et d'objets qui étonnent les hommes et les amusent à la fois.