PRÉFACE X
Tout en suivant, pour les grandes lignes, l’ordre chronologique, nous avons dû parfois y renoncer, pour ne pas revenir à plusieurs reprises au même sujet et afin que chaque chapitre formât un tout complet. Ainsi, c’est à propos de l'installation de la salle du Conseil dans la tour Baudet, au XVE siècle, que sent étudiées les peintures murales du XVII, et non pas dans le chapitre traitant de la construction des façades, Glevées à la même époque.
Les principales sources manuscrites utilisées par nous se trouvent aux Archives d'Etat du Canton de Genève. Nous n'avons donc indiqué dans les notes le lieu où se trouvait une pièce citée que dans le cas où elle provenait d'un autre dépôt. Les collections des Archives auxquelles nous avons eu le plus souvent recours sont les registres du Conseil, dont les quatre premiers volumes ont été publiés par M. Emile Rivoire; puis les divers registres de comptes, soit, pour la période antérieure à la Réforme, les comptes de la Communauté et les portefeuilles des comptes, mandats et quittances, et, à partir de la Réforme, les registres de la Chambre des comptes et ceux du trésorier, Les autres collections qui nous ont fourni occasionnellement des documents sont indiquées à la table des abréviations et dans les notes. Nous avons également fait usage des manuscrits appartenant à la Société d'histoire et d'archéologie de Genève. Parmi ceux-ci, les papiers de Charles Le Fort nous ont fourni des fragments de comptes du XVe siècle, dont les originaux ne se retrouvent plus aux Archives. Ces extraits sont eux-mêmes tirés des papiers d'Edouard Mallet. Nous les citons cependant d’après Le Fort, parce que les portefeuilles de sa collection sont tous numérotés et que les différents cahiers dont ils se composent sont paginés (voir la table des abréviations).
On trouvera ci-dessous la liste des principaux ouvrages que nous avons consultés. À part les deux brochures mentionnées au début de cette préface, la littérature archéologique nest pas riche en renseignements sur la Maison de ville de Genève. La plupart des auteurs cités ne lui ont consacré que quelques lignes. Les documents iconographiques ne donnent pas des informations assez précises sur la topographie et l'aspect de la Maison de ville, pour qu'il vaille la peine d'en dresser une liste complète. Il existe peu d'anciennes gravures représentant les façades nord et ouest. Nous reproduisons en tête de cette préface une vue d’Escuyer de 1822. Il en existe une seconde du même auteur, prise de la rue de l'Hôtel de ville, avec la paix descendue du ciel. Une estampe de Geissler représente aussi les façades nord et ouest, vues de l'angle de la Grand’Rue et du Puits Saint-Pierre. La face méridionale cest figurée sur
les innombrables vues de la ville de Genève, du côté du midi. La Maison de ville y est dessinée à une échelle trop réduite pour que l'on puisse tirer grand profit de leur étude. |
Les plans et relevés de l'état ancien de la Maison de ville, qui nous donneraient des indications plus exactes que les vues pittoresques, sont malheureusement très peu nombreux Il est étonnant que les archives de l’administration des travaux publics ne contiennent pas un plus grand nombre de piéces intéressant l'histoire d'un édifice qui a été dés son origine le siège des autorités du pays. Les seuls documents importants qui y soient conservés sont un plan du sous-sol] de la Maison de ville, levé en 1798 par Matthey, et deux coupes dressées avant la surélévation de 1829 (pl. xx). On trouvera aux Archives d'Etat quelques petits plans, dans le volume 110 des registres de la Chambre des comptes, et d'autres à petite échelle dans les Anciens plans de la ville, où la Maison de ville est figurée avec les quartiers circonvoisins. Enfin, la collection Bastard renferme quatre plans d’étages originaux, dressés à la fin du XVIII: siècle, également par Matthey. Ce sont les mêmes, semble-t-il, qui faisaient partie autrefois de la collection Gosse et qui sont signalés dans l'avant-propos de la description de Fontaine-Borgel (2° édition).
Les relevés de détail et d'ensemble (plans, coupes et façades), qui accompagnent le présent ouvrage, ont été dessinés sous notre direction. Sauf mention spéciale, ils représentent l’état actuel de l'édifice, en faisant abstraction des divisions intérieures sans importance, qui changent trop souvent pour être intéressantes à conserver. Les plans d’étages ont été dressés à l’aide des relevés faits dans le bureau de l'architecte cantonal, qui a bien voulu nous les communiquer. La plupart des clichés autotypiques ont été exécutés d’après des photographies de M. Fréd. Boissonnas, faites spécialement en vue de cette publication. Nous avons en outre utilisé, pour la reproduction des peintures de Ja salle du Conseil, des clichés appartenant à l'Etat de Genève et des clichés exécutés par M. Noblet, que leurs propriétaires ont bien voulu mettre à notre disposition.
En présentant au public cette étude, nous sentons trop bien nous-même toutes ses lacunes. Pour rendre vivante cette description d'un monument où tant de scènes de l’histoire genevoise se sont passées, il aurait fallu disposer d'une autre plume que la nôtre, il aurait fallu savoir considérer cet édifice autrement quen archéologue. Dans les pages qui suivent, nous avons cherché avant tout à donner une idée claire de la Maison de ville de Genève, laissant à d’autres le soin de broder sur ce théme des dissertations plus attrayantes que la nôtre.