ALLE DU CONSEIL
LES PEINTURES DE LA SALLE DU CONSEIL
Si [lis] inciderit [de\judice, dirige libr atn J udicii, nec flectal amor nec mimera palpent. Nec moveat stabi[lem ] personae acceptio mentent. Au-dessus du siège : Jusiicia sum, unicuique quod suum est tribuens.
Aristoteles porte une longue barbe brune. Son manteau à ramages d’or, doublé de noir, traîne jusqu’à terre. Une pèlerine rouge bordée d’hermine, qui couvre ses épaules, enrichit encore son costume déjà somptueux. Une fente de son manteau laisse apercevoir sa tunique flottante bleue, ses bas blancs et ses brodequins rouges. — Texte (traduit du grec, emprunté à la Morale à Nicomaque) : Justicia est preclarissima virtutum. Aristoteles.
V irgilius est enveloppé dans un long manteau vert à manches traînantes, doublées de gris. Il est vêtu par-dessous d’un justaucorps gris-bleu que l’on n’aperçoit qu’aux poignets. Une sorte de cornette rouge couvre ses épaules et sa tête, qui est coiffée en outre d’un bonnet doctoral. — Texte (emprunté en partie à l’Enéide, liv. VI, 620) : Discite justitiam moniti et succurrite fessis. Virgilius1 2.
Les trois derniers personnages sont isolés dans les panneaux qu’ils occupent.
Cicero est vêtu d’une robe bleue, cachée en partie par une vaste draperie d’un gris rose, dans laquelle il s’enroule. Sous ses souliers sont Axés des socques en bois. On dirait un vieux pèlerin qui s’appuie sur son bâton pendant une halte du voyage. — Texte (emprunté incorrectement au De Senectute, ch. VI) : Nichil affermit in Republica qui in rébus gerendis versari senectutem abnegant. Cicero 3.
Alanus porte la longue robe gris-bleu à revers blancs serrée à la taille. Sur ses épaules s’étale une large collerette blanche. Ses jambes et ses pieds sont pris dans un bas de cuir clair, doublé d’une semelle. Un curieux chapeau en forme de cloche couvre sa tête. — Texte (incorrect) : Concordia. Si mea jura, meas leges , mea fédéra mondus olim servasset vel adhuc servaret amores vincula non tantum gemeret sub cladibus orbis. Alanus in Anthiclaudiano [liv. II, ch. V].
La sibylle Erythrée est le seul personnage où le peintre ait cherché à traiter le nu. Par les ouvertures de la robe argentée aux longues manches flottantes, on aperçoit des jambes et des bras d’une facture bien molle et maladroite. Le vêtement
1 La seconde partie du texte a été christianisée ; il y a dans l’original : et non temnere divos.
2 Voici la bonne leçon : Nihil igitur affermit qui in re gerenda versari senectutem negant.