PI. .XV
PORTAIL PRINCIPAL SUR LA RUE UE l’hÔTEL UE VILLE
M. D. G , série in-4", t. III.
LA RÉFECTION DES FAÇADES
neaux, placées à chaque extrémité de la façade, les deux portails absolument identiques sont les seules ouvertures percées dans le mur du rez-de-chaussée au nord (pl. XV). Chaque porte, fermée par un arc en plein cintre, est flanquée de deux colonnes doriques en marbre noir, entièrement dégagées. L’entablement et le fronton qui les surmontent présentent de nombreux décrochements. Des panneaux à facettes, en marbre noir, garnissent le tympan, les saillants de la frise et les écoinçons entre l’archivolte et l’architrave. Les ornements qui accompagnent la console servant de clef, ceux qui supportent l’écusson genevois, les oves et denticules de la corniche sont assez finement sculptés. L’ensemble est néanmoins lourd et mal proportionné. C’est une œuvre assez médiocre qui ne peut être comparée avec avantage au portail de la rampe du XVIe siècle.
L’huisserie de la porte ouest, contemporaine de l’édifice lui-même, est par contre une belle pièce de menuiserie h Elle peut s’ouvrir entièrement, mais l’imposte et les deux montants sont généralement fixes. Le bas de la porte est décoré de panneaux sculptés d’ornements d’un faible relief, mais très finement exécutés. L’un d’eux porte une tête de lion en bronze, tenant dans ses dents l’anneau qui sert de heurtoir. L’imposte, séparé de la partie inférieure par une corniche, est la pièce la plus richement travaillée. Elle porte l’aigle impériale double, déployant ses ailes entre deux rinceaux sculptés d’une belle facture. Cette porte est l’une des rares pièces de menuiserie ancienne qu’ait conservé la Maison de ville. A ce titre déjà elle mérite d’être signalée ; sa valeur artistique donne aussi une idée de l’habileté des sculpteurs sur bois à Genève au XVIIe siècle.
Les deux premiers étages de la Maison de ville sont absolument identiques. Ils sont limités l’un et l’autre par de petites corniches et toutes leurs fenêtres à meneaux sont semblables. Celles-ci, moulurées en quart de rond, ont un encadrement très peu saillant qui se décroche aux quatre angles et se prolonge au-dessus du linteau pour se rattacher aux moulures inférieures de la corniche. Les tablettes à hauteur d’appui ne sont pas poursuivies tout le long de la façade, mais sont interrompues entre chaque fenêtre, pour laisser place à de petits bandeaux biseautés, d un faible relief. La division horizontale, à la hauteur des fenêtres, est donc beaucoup
1 L’artisan qui en fit le dessin n’est pas connu* Ne serait-ce pas l’architecte des façades luimême, Faule Petitot, qui était en même temps sculpteur et menuisier? L’analogie de certains ornements de l'huisserie avec la décoration du portail lui-même et avec celle des menuiseries de la maison Turrettini (voir ‘N^os Anciens et leurs œuvres, recueil genevois d’cirt, 1901, p. 33) ne peut que confirmer cette supposition. David Chériot, maître menuisier, reçu B. G. le 6 février 1639, aurait fait à la Maison de ville des portes qui n’existent plus (voir ce nom dans le Schweixerisches Kiïnstler-Lexikon, t. I, p. 294).