‹ La maison des Carmes, 1610-1875Chapitre 10 sur 15 · I. Moniteur, 10 novembre · texte numérisé non relu

I. Moniteur, 10 novembre

essaya cependant de sauver la vie aux prisonniers et vota un décret qui condamnait à la déportation à la Guyane tous les prêtres qui n'auraient pas prêté serment dans un délai de quinze jours : mais ceux-là même qui votaient cette mesure n'étaient pas dupes de leur feinte modération : les prêtres étaient condamnés, on devait les livrer en pâture au monstre révolutionnaire qui demandait une proie. < Personne, dit Michel et (i), ne doutait des massacres > et les principaux chefs du mouvement savaient si bien ce qui devait se passer qu'ils avaient usé de leur crédit pour éloigner des prisons les ecclésiastiques auxquels pour une cause ou une autre ils portaient intérêt. L'abbé Berardier, ancien principal du collège Louis-le-Grand, avait été le maître de Robespierre; un ordre vint aux Carmes de le séparer des autres prisonniers et de l'enfermer seul dans une des cellules du couvent. Cette apparente mesure de rigueur était destinée à ïui sauver la vie.

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