février mvi
LE CAHINEr : I.KS SECnÉTAIRKS I 1 ."i
Sa parenté était nombreuse, à en juj^er par la quantité de cousins qu'il gratifiait de legs ; un seul porte son nom, Hubert Le Masle que nous avons déjà vu ; des deux autres. Boulanger nous est inconnu ; mais il n'en est pas de même du troisième, Jac(pies Picot, désigné par lui comme son cousin germain, et qui recevait le legs le plus élevé, une somme de 2.500 livres. Ce personnage n'est autre, en ell'et, que Jacques Picot, le contrôleur de la maison du (Cardinal, (jue nous retrouverons plus loin et qui nt)us fournira le sujet d'une remarque intéressante. Ce serait aller trop loin que d'en déduire, sur la foi du témoignage suspect de Talleinant ', que Le Masle a\ ait mérité, mieux que son maître, do défrayer la clironique scandaleuse du temps ; l'on ne peut cependant omettre de noter ses relations féminines auxquelles il laissait des souvenirs : M""' OUard, veuve du sieur de Surtoc, médecin, et M""' Jouannet ses cousines et M""' de Frades, la lille ou la veuve du docteur Lancelot de Frades, décédé le 16 juin l(i.')9, qui avait jadis pris à partie la Faculté au sujet de la faveur réclamée en vain pour son fils.
Venaient ensuite des voisins ou amis, Gonin le curé desservant de Juvisy, et Jacques Godin le chanoine, qu'il inscrivait l'un pour 300, l'autre pour 300 livres, Georges Collard c espicier » pour 1.800 livres et enfin Poquelin drapier ; encore deux noms, Godin et Poquelin que nous retrouverons dans cette étude, et le premier à ce chapitre même. Quant k Poquelin, qui ne peut être que Guy, le ft)urnisseur de la maison de Richelieu, c'est k lui qu'échoyait partie de la vaisselle d'argent du testateur, 2 i assiettes, un bassin rond et une aiguière couverte; des meubles modestes à côté des bull'ets et de l'orfèvrerie du Cardinal, mais qui ont peut-être servi à recevoir le ministre dans l'une de ses visites au Cloître Notre-Dame, si même ils ne sont pas un don de lui.
Un dernier trait achève de peindre l'influence profonde exercée par Hichelieu sur son grand trésorier, au point d'en faire son véritable sosie. Dans le chapitre suivant, nous verrons les aumônes du cardinal s'adresser d'abord aux quatre ordres mendiants ; dans la partie de son testament consacrée au.x choses religieuses. Le Masle n'avait de souvenir que pour ceux-là ; si les Carmes de la place Maubert recevaient 500 livres, 200 de plus que les autres ordres, c'était sans doute en qualité de voisins séparés par le fleuve, et Pierre Mirbaul, l'un d'eux, cpû recevait 100 livres pour une robe, devait être le moine quêteur du quartier qui venait périodiquenumt frapper k la porte hospitalière du (Cloître, sa besace à l'épaule sur la robe élimée.