‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 116 sur 464 · ubery, Ilisl. du Card. de Ilichcllrii, p. OU · texte numérisé non relu

ubery, Ilisl. du Card. de Ilichcllrii, p. OU

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L'iui'idont faisait chi Imiit, ot si 'ralloiuant ig'iiorait le nom de la victime, il n'en était pas de même des autres contemporains que nous avons nommés, et auxquels il faut ajouter l'abbé de MaroUes. C'était certainement « ce petit accident ' » ([iii inspirait aux uioralistos du temps leius réflexions sur les dang'ers de l'indiscrétion k la cnur contre lesquels, sans toutefois citer l'exemple, ils prénumissaient leurs lecteurs aspirants à la fortune. De Caillères, plus piatique, ou mieux renseigné, n'en omettait point le détail, en recommandant « au i^entillioinnu' ipii est aux Ijonncs grâces de son maître la l)ienséance de ne s'approcher point de ceux (|ui lisent des Lettres, ou (|ui s'entretiennent en particulier ».

Sandras de Courtilz l'a mis à profit pour en faire le sujet de l'un des épisodes d'un de ses nombreux romans historiques - ; il n'y a rien changé, que les détails propres à lui donner plus de piquant et à exagérer le caractère défiant du Cardinal ; le mouvement de curiosité du secrétaire a été supprimé, et remplacé par im simple soupçon de Richelieu, constatant qu'en son absence, ses secrétaires restés seuls dans son cabinet ont pu prendre connaissance d'un manuscrit étalé impnulemment sur sa table : « Maximes que je crois très-utiles pour faire repentir le duc de Lorraine de toutes les infidélités qu'il fait au Roi ».

Les éléments nous font défaut pour rechercher à quelle époque se produisit la mésaventure de Godin ; toutefois, d'après le témoignage unanime des auteurs tpii la rapportent, son séjour dans la maison du Cardinal fut de courte durée, et si l'on remarque (jue l'Etat de IG39, où il figure, n'a été définitivement arrêté qu'au mois de mars 1()40, l'on peut admettre, avec beaucoup de vraisemblance, que ce fut dans les premiers mois de cette dernière année qu'il quitta le service de Richelieu.

Non seulement Le Masle n'abandonnait point son jeune ami au ressentiment du Cardinal, mais il lui continuait sa protection, ce qui est à la fois en faveur de son énergie et de l'étendue de son influence sur Richelieu.

Dans l'acte de donation de sa bibliothèque à la Sorbonne, dressé le 16 mars Klifi, il avait manifesté son désir de voir préférer à tout autre comme bibliothécaire » M"' Hubert Le Masle, son cousin, alors étudiant en théologie, au cas (pi'il se rendit capable d'être admis et reçu dans la dite société », mais il se réservait, sa vie durant, de choisir et lumuuer à ce poste celui de la société tpi'il voudrait. Son cousin, Hubert, devenu

1. Mélanges ir/iixl. el dp lill. it:tr M. rie Vii/noul-Murrilli-. Paris, 1725, I. 1, p. 1(1(1.

2. Mémoires (h M. tir lioiiy, at'rri'lairp (In M</r le ('.:iriHnul dr Hirlifliru, .\iiislci-il:mi, 1711, t. II, p. HtC.

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chailoilio, no répondit-il pas à ses espérances ? Lui donnail-il dos sujets de luéconteuteinent? L'avait-il avantaf^é de son vivant, ou le jugeait-il en situation de fortune sulTisante? Le fait est qu'il l'inscrivait sur son testament pour mille livres seulement, comme M""' OUard, sa cousine, alors (ju'il laissait ,"1.(10(1 llvresà son ami « Godin ' » (codicille du 10 février 1662) en plus d'une rente viagère de l'iO livres. C'est aussi en faveur de ce dernier t[u'il avait disposé en Ifioi de la charge de bibliothécaire de la Sorbonne dont il s'était réservé de disposer -'. Au moment de la donation, ,Iac([ues Gautlin était déjà prieur de la Sorbonne, et son nom ligure en tête de la commission des docteurs et bacheliers de la Sorbonne qui la représentaient dans cet acte '.

Jacques Gaudin fut élu bibliothécaire le2i mars ItitJl, mais il ne voulut pas s'astreindre à venir loger dans l'établissement, et après un procès au Parlement qui rendit un arrêt en sa faveur, il consentit à renoncer au titre de bibliothécaire, moyennant une somme de 400 livres. 11 continua néanmoins à s'occuper des livres dont il avait eu un moment la garde ; il faisait partie des quatre docteurs chargés, en 16(52, de rédiger le catalogue de la bibliothèque de la Sorbonne, après son transfert du Palais-Gardinal au Collège ; un peu plus tard, il était délégué pour réclamer un volume prêté au Président du Parlement avec sept de ses collègues. Par une coïncidence singulière, il continuait encore, comme on le voit, ses services au Cardinal dans ses chers livres. Son nom revient encore vingt ans ])lus tard, pour le même sujet, dans les annales de la Sorbonne; le 1(( juin 1680, il jiortait les remerciements du Chapitre à François de Ilarlay, archevêque de Paris '' ; le 22 juillet de cette même année, il était délégué pour rechercher quels étaient les devoirs du chancelier relativement à la bibliothèque ; le 18 mars 1681, il était désigné pour rechercher un nouveau local, l'ancien étant insuf(î.sant ■'.

1. Le nom do (iaudin ost imin'opromeiit orlliof^rapliié Godin dans le Testament comme dans le Compte.

2. Le Masle no perdait pas une occasion do molti-e en rolief son ami ; c'est par ses mains qu'il faisait remettre au doyen de la Faculté l'acte dedonation des .'ÎO. 000 livres, pour la restauration des bâtiments, ainsi qu'il y est consif^'né. (A. Ti-aTiklin, Ifiat. des Hficifinnes hiljl. de Paris, t. II, p. 27.)

.'t. \. Franklin, Les anciennes /lililiolhi-i/iicx de P.iris. Paris, IH07, l. 1, p. 315.

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