‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 127 sur 464 · I.K OAItl.NET : I.liS SKCRÉTAIRES · texte numérisé non relu

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ili' lui ; irtU' pri'caiil ion est nécessitée par une tout autre cuuse. Richelieu, et nous devons anticiper ici sur le chapitre de la santé, est afilij^é d'infirmités physi([ues qui exi<^ent, de par leur nature même, une médication spéciale et presque continue, comportant des soins minutieux ; c'est au réveil de son premier soninie, trop coiut pour être vraiment réparateur, et généralement agité de cauchemars ' dus à une fièvre continue, que son mal. par le processus cjuotidien naturel, arrive à son maximum d'intensité, (jue ses douleurs [)lus aij;'iu's réclament le secours d'un homme de l'art : aussi, est-ce la nuit ([ii il a K' plus l'réquemmenl recours k sa Faculté ; après les pansements, et la médication, ou même entre temps, il travaille, et, qu'il dicte, ou qu'il se fasse faire la lecture, c'est à ceux de sa maison médicale qui sont à son côté, qu'il s'adresse pour cela : voilà ses véritables secrétaires de la nuit ; il évite ainsi, de plus, d'avoir à étaler ses misères lamentables, qu'il cache soigneusement, devant tous autres que ceux, qui par leurs fonctions mêmes, n'en ignorent aucun détail, et qui ont pour mission de les soulager. La préoccupation de son panégyriste Aubery, à dissimuler les véritables fonctions du secrétaire de nuit, en est la meilleure preuve ; à son défaut, nous aurions la sienne propre que nous avons citée au sujet de son labeur pendant ses insomnies. Des lénitifs, des bains, des pansements, tel est le traitement normal, régulier, nécessaire pour ses j)laies suppurantes -, pour ses ulcérations qui le rongent ; aussi est-ce l'apothicaire domestique, l'homme de la Faculté désigné pour ces soins, qui couche dans sa chambre ' et veille auprès de lui, qui lui sert en même temps de scribe et de lecteur.

Le témoignage précieux de Tallemant ' est confirmé par celui de Courtin, et le nom de Blouyn donné avec son titre par le Compte les relie de fa(,'on à supprimer le moindre doute ; mais avant celui-ci, comme nous le verrons plus tard, l'apothicaire en titre dans la maison a été Perdreau ; est-ce donc ce dernier qui a été le gardien de nuit du Cardinal de 163){ à iti38, comme il semblerait résulter d'une constatation graphique de M. Avenel ■' ? Est-ce après 11)39 ([ue Blouyn a succédé k Perdreau '.' Ont-

1. livmonstr.inces de Galon (:hrff.tU'n. liKîl, iii-4", p. IS'I. — Cntolicun franrois (Pièces curieuses en xuite de celles du sieur de Saint-Oermuin, Anvers, 1044, t. V, p. 77).

2. .\vencl, Lettres..., t. V, p. 92:! li juilluL IM.'i;. — Ihid., t. VI, p. ',(10 i :t mai 1642).

3. Le fait n'était pas partii-ulicr ii Hiclielieu et se retronve dans d'autres maisons. V. à ce sujet dans TalliMuant, Hist., t. VI, p. 353, la vantardise équivoque de l'apo- Ihicairc gascon de la belle Madame de Hranzac.

i. Tallemant, Ilist., t. II, p. 182.

■j. Avenel, /.e«res..., l. I. Préface, p. xxii.

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ils rempli alternativement ces fonctions fatigantes ? Lequel des deux lisait dune façon si défectueuse que Bois-Robert tremblait à l'idée de lui confier le manuscrit de son ami Gomijaud pour les oreilles du Cardinal '. Est-ce pour suppléer à leur inexpérience de scribe et de lecteur que Gherré, le cousin de Gharpentier d'abord, Gaudin le protégé de Le Masle ensuite, entrait dans la maison? N'était-ce point en manière de sous-secrétaire seulement, ne couchant j)as dans la chambre de Richelieu, mais à proximité, prêt à répondre de nuit à son appel, comme le prouverait une anecdote des Mémoires de Vigneul-Murville '• que l'on retrouve sans le nom dans Tallemant •* ?

Tous les deux peut-être même. Perdreau et Blouyn, n'ont-ils pas prêté ensemble et à la fois leurs soins au Gardinal, et tenu successivement la plume pour lui, Blouyn, qui est plus jeune et plus résistant, continuant la veille, tandis que son maître se retire après les pansements ? Car l'apothicaire seul ne peut panser le Gardinal ; il lui faut un aide, ou son garçon ou un valet de chambre, ne fut-ce qu'en certains cas pour des services hygiéniques intimes ; et dans les allées et venues de la domesticité, occupé chacun à un détail, l'on s'explique ces deux mains différentes constatées par Avenel, cette lettre commencée par lun et terminée par l'autre, le Gardinal s'approchant entre temps de la table, ou se faisant donner le portefeuille, pour relire une phrase, rayer un mot, en ajouter quelques autres^. Gar le Gardinal travaille même, lorsqu'on le soigne « lors même qu'il se trouve mal » ; de La Porte allant le voir de nuit à Bordeaux, le trouve « entre deux petits lits, sur une chaise où on lui panse le derrière et tient le bougeoir pour lui éclairer à lire les lettres de la Reine et de M""^ de Ghevreuse » dont il est porteur ■'.

Ge n'est point à dire que d'autres que Perdreau et Blouyn n'aient pas couché dans sa chambre ; une phrase d'un pamphlet de Morgues '' ne laisse à cet égard aucun doute '', mais l'apothicaire a été certainement le

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