LE CABINET : LES SECRÉTAIRES
secrétaire accoutumé, à cause de ses fonctions normales ; ce ne sont pas seulement, du reste, des minutes qu'il écrit sous la dictée rapide du Cardinal, d'une écriture défectueuse à l'inverse des secrétaires en titre, avec des négligences de toute sorte ', ce sont aussi des lettres, dans des cas urgents, comme celle que Richelieu adressait d'Amiens au roi le 14 novembre lfi36. et qui confirme ce qui précède : « V. M. me pardonnera bien, s'il vous plaist, si j'use d'un tel secrétaire, parce que cette lettre est escrite à trois heures après minuit '-. »
De la maison médicale, l'apothicaire n'est pas cependant le seul certainement à faire le secrétaire ; Citoys, le médecin, s'accjuittait quelquefois de cette charge'' et il n'y a rien d'invraisemblable à ce que c'ait été parfois de nuit. Il a sans doute lui aussi fait partie de ce Cabinet improvisé, après avoir examiné l'état de son illustre client, pendant que Perdreau ou Blouyn lui donnent un remède ou lui appliquent un onguent, et c'est peut-être la même plume plus exercée dont il vient de rédiger une ordonnance pour le lendemain matin, qui apostille « en sept endroits différents » sous la dictée du Cardinal pour lequel il le lit à haute voix, le manuscrit de 1' » Opinion de l'Académie françoise sur le Cid » que Chapelain a apporté la veille ^.
De nuit, le portefeuille et la large écritoire placés sur la table de la chambre à côté du mortier ■'', ne voisinent pas seulement avec les bandes de toile, les compresses, la charpie et les onguents, avec un bol de casse préventif'', ou avec l'étui de la seringue d'étain inséparable de Perdreau, d'un usage quotidien^ ; parfois aussi les ferrements du chirurgien s'y trouvent ; ce dernier complète la Faculté attachée à l'illustre malade et en même temps ce Cabinet occasionnel de nuit qu'elle constitue dans la maison.
Dans la Correspondance, M. Avenel relève, et précisément pendant cette année de 1639, un certain nombre de copies de lettres portant comme indication de l'écrivain de la minute : << de la main de chirurgien » ou (' du chirurgien » ; on a constaté, dit-il, (jue des copies où se
de chambre éloit le seul qui couchast dans sa chambre et qui le veillast. » Menagiana, Amsterdam, 1695, t. II, p. 44.