Avenel, Lettres..., t. VI, p
7. Vrais et bons advis de François Fidèle, 1031, 10-4°, p. 100,
131 I.A MAISON ur CARDlNAr, DE RICIIKLIKU
trouve cette indication « ont été faites sur des pièces (copies ou originaux) écrites de la main de Charpentier, ou d'autres secrétaires, et même de Ghavigni », et il suppose qu'il y a, dans ce mot de chirurr/icn, une bévue du copiste, qui aura mal lu le nom de Chavujny, noté sur les pièces préparées pour la transcription '.
Avant de connaître ces constatations graphiques, Avenel émettait d'abord, dans sa Préface, l'idée qu'il s'agissait là sans doute <( d'un de ces barbiers, un peu chirurgiens, connue il y en avait alors dans la domesticité des grandes maisons. Richelieu, ajoutait-il, ne confiait pas à un tel personnage le soin de rédiger ses lettres ' ». Plus loin, il rejetait l'hypothèse d'après laquelle Gitoys aurait été le personnage ainsi désigné, « le terme de cliirurgien ne pouvant guère s'appliquer alors à un médecin assez distingué ' ».
Cette dernière remarque d'Avenel est péremptoire ; l'explication qui fait de Citoys ce chirurgien anonyme est séduisante par sa facile simplicité, et c'est ce qui lui a valu sans doute d'être proposée depuis à nouveau, mais elle ne peut résister à l'examen, étant donnée la distance énorme qui, dans les mœurs du temps, sépare alors le médecin du chirurgien précédé même par l'apothicaire dans l'ordre hiérarchique, comme nous le verrons plus loin.
D'autre part, le copiste de Ilarlay, d'après M. Avenel, recopie généralement le texte d'une façon très fidèle''; cela seul semble exclure la possibilité d'une bévue aussi grossière et aussi fréquente que celle qu'on lui attribue. Ajoutons à cela que ce copiste était bien placé pour ne pas ignorer tout au moins la qualité du scribe des minutes dont le nom ne lui était certainement pas inconnu.
Or, en dehors même des éléments que nous fournit le Compte, nous connaissons l'existence d'un chirurgien domestique attaché à la personne do Richelieu et faisant partie de sa maison, dans les derniers jours de 163iS. C'est lui qui avec le médecin et l'apothicaire de Son Kminence a prodigué ses soins au P. Joseph, lors de l'attaque d'apoplexie qui l'a frappé à Ruel, chez le Cardinal, le \Vi décembre de cette année ; qui du mercredi jusqu'à sa mort, le samedi à 2 heures du matin, a réitéré pour le dégager les saignées aux liras, au pied et au front, combinées avec
\. Avenel, Lettres..., t. VI, p. 267 (note).