Aubery, Hisl. du Card. de Richelieu, p
5. C" de Bonnoau-.Vvenanl, La duchesse d'Aiguillon, Paris, 1882.
6. Lettre dikhi/fri^e, 1627, p. 42. (Recueil de diverses [jièces pour servira l'histoire, 1639.)
7. Un détail curieux nous est donné sur ce point par un auteur du temps :
« Ce grand Roy ayant s^eu et recogneuqueson grandAumonieravaitétc porté parje
Îi2 LA MAISON DU CARDINAF. DK niCIIEI.IEU
L'abbé Deschambres (Ghambers de son véritable nom) est l'un des trois étrangers de la maison, que nous avons déjà sig'nalés à ce titre, et le seul personnage figurant au Compte qui ait été mêlé d'une façon active à la vie politique du Cardinal. 11 apparaît pour la première fois, le l'"' septembre 1637, dans la Correspondance, où il est alors qualifié par Richelieu de « gentilhomme escossais, l'un des gentilshommes de sa maison ». A cette date, il en recevait une instruction l'invitant à se rendre en Angleterre auprès du sieur Cosner, son oncle, résidant du pape à la cour et de là « poussant jusqu'en Ecosse pour y voir ses proches recognoistre avec adresse et secret les meilleurs moyens (|ue l'on pourra employer pour avoir des levées d'Escossois, comme d'une nation de la valeur de laquelle et de son alfection vers cette couronne, Sa Majesté faict un singulier estât' ».
11 s'agissait de lever dans le \Aus grand secret jusqu'à 6000 hommes de pied en trois régiments et de les faire sortir d'Angleterre comme recrues ou augmentation du régiment écossais au service du roi sous les ordres du colonel Hebron ; les instructions comportaient aussi la recherche d'ofliciers pour les commander.
L'absence de Deschambres fut de courte durée, car le 17 novembre suivant, Jacques du Perron, évèque d'Angoulème, grand aumônier de la reine d'Angleterre, annonçait de Londres son prochain retour en France à l'ambassadeur de Bellièvre '-. Ce fut pour repartir bientôt ; le 2 décembre, en elîet, Richelieu avisait le comte d'Estrades de l'arrivée prochaine à Londres de « l'abbé (Chambre, son aumônier » et, cette fois, lui découvrait le véritable but de son voyage ; il reprenait la tactique qu'il avait déjà employée en 1626, en fomentant sous main en Ecosse la sédition contre le gouvernement anglais \ et l'abbé Deschambres était l'agent
ne sçay quelles personnes à faire et donner lesdites aumosncs J» Paris pondant son absence, et cependant qu'il ne s'en faisoit point par les champs, ny es villes où il se trouvoil, quiestoit un mauvais exemple, et un grand scandale |)rincipalement à Sedan, où ceux lie la lU'ligiou piôlondue faisoientde j,'ran(les aumosnesaux pauvres à sa vue, en con(.eut un exlreiiu' déplaisir en l'ame ; el luy mesme depuis tous les jours à la sortie de la messe, et pendant son retour à Paris me délivroil quantité de quarts d'cscu, que je distribuois aux pauvres ii la porte des Eglises; mais comme il fut arrivé à Paris, il tesmoigna dans les Capucins un jour oyant la Messe à son grand aumônier, qu'il vouloil que ses Aumosncs se fissent à la voue d'un chacun à la sorliedc la messe, en qucli(uc part qu'il fust, et (|u'à l'absence du grand Aumosnier, les Aumosniers servans en disposassent. » (Du Peyrat, Anlii/uités tie ta chapelle cl uraluirc du ftoij de France, Paris, 1645, p. iO'i.)