‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 137 sur 464 · Ihid., p. 8'JO (note · texte numérisé non relu

Ihid., p. 8'JO (note

U. Leveneur de TiUières, Mémoires (llippeau), Paris, 1862, p. 160 et 204.

AUMONES, UO.NS ET l'ENSUJNS 1 i3

secret dôsijîiiê par son orii^ine. ses relations et son caractère, pour lui servir de trait d'union avec les fauteurs de ces menées dEtat. Le Comte d'Estrades était chargé de le mettre en rapport avec deux mécontents, le ministre écossais Mol>il. et un seii^neur appelé Gourdon '.

Il y a dans ces instructions une aiwence de réserve qui étonne de la part de Riclielieu ; elle s'explique par sa violente rancune contre l'Anjjjlelerre, qu'il retrouvait contre lui dans tous ses projets, après la violation des articles du traité de mariage de la sœur de Louis XIII avec le prince Charles; elle s'y manifeste par une brutalité de forme que l'on n'est pas habitué à trouver dans sa correspondance diplomatique : » L'année ne se passera pas que le roy et la reyne d'Angleterre ne se repentent pas d'avoir refusé les offres que vous leur avés faictes de la part du roy » ; et plus bas : » on cognoistra bientost qu'on ne me doit pas mépriser ».

La mission d'ordre militaire soi-disant secrète confiée en 1637 à l'abbé Deschambres devait être un prétexte préparé d'avance pour servir, en cas de besoin, à couvrir ses intrigues ; elle n'avait pas eu, en tout cas, le succès désiré ; près d'un an après, en effet, à la suite de nombreuses négociations diplomatiques sur ce point -, le Cardinal faisait part à M. de Bellièvre du contentement de Louis XIII à apprendre que sa s(Eur interviendrait auprès du roi d'Angleterre, son époux, pour obtenir de lui l'autorisation de lever les deux régiments écossais* ; ajoutons que 1 autorisation finit par être accordée '.

L'Angleterre n'ignorait pas les menées de Chambers en Ecosse, comme le montrent les lettres de divers ministres anglais à l'ambassadeur en France durant l'année 1638. Nous trouvons encore en 1639, dit M. Avenel, l'auraonier écossais voyageant entre Londres et Paris, éveillant toujours les soupçons et les inquiétudes des Anglais. L'ambassadeur de France, Bellièvre, qui ne paraît pas avoir été dans le secret, écrivait à Chavigny le 2i mars : « L'arrivée de M. Chambers fera soubçonner ici toutes choses contraires k vos intentions. L'on s'imaginera en conséquence de tous les bruits que l'on a fait courir et des opinions que l'on a eues, qu'il vient pour fomenter la guerre d'Ecosse ; non seulement le peuple, mais aussy beaucoup de personnes de qualité ont pris telle jalousie de nous que tout leur donne du soubçon. » L'abbé Chambers ne retourna à Paris

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