Avenel, Lettres..., t. V, p
I'>:2 LA MAISON nr r.AiiniNAi. ok luciiEi.iiir
Supérieur, qui faisaient g^rande clière lù-dedans en dépit du Caresme ' ».
Trois couvents de Carmes encore ; deux de Carmes déchaussés, l'un de Paris, l'autre de Charenton ; et les Carmes des Billettes. Les premiers ont été admis en 1610 par Louis XIII dans le royaume, et par Henri de Gondy, l'archevêque de Paris dans son diocèse ; leur Eglise commencée en ltîi3, en même temps que leur couvent, sous la protection de Marie de Médicis, et achevée en lt)20, a été consacrée en lti25 par Leonor d'Estampes de Yalen(,ay, évêque de Chartres, l'un des familiers de Richelieu.
Les Carmes des Billettes sont d'origine encore plus récente ; car si leur établissement date de 1631, c'est en 1633 seidement (ju'ils ont pris possession définitive, à sa dissolution, de la maison des Hospitaliers de la Charité Notre-Dame, qui a remplacé elle-même une chapelle bâtie à la suite d'un miracle sur l'emplacement de la maison d'un juif sacrilège, dans la rue des Jardins '•' ; un motif tout spécial les signale du reste à la bienveillance du Cardinal, car leur église est la paroisse de la jeune Académie française.
Après les quatre Ordres mendiants qui occupent le sommet dans la hiérarchie de l'église monastique, l'on ne doit point s'étonner de voir apparaître les Capucins; avec leurs quatre couvents, ils sont l'Ordre le plus largement représenté au Compte, double marque des préférences du Cardinal, et de l'affection profonde qui l'unit à l'un des leurs, son confident et collaborateur, le P. Josepli ; nous ne ferons que mentionner leur collaboration politicjue, l'un des côtés assurément les plus fouillés de l'histoire de Richelieu •'.
Les Capucins avaient été ramenés en 1363, du concile de Trente, par le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims, ([ui les établit dans sa propriété de Meudon ; cinq ans plus tard, Catherine de Médicis passait le 4 septembre, le contrat d'acf|uisition du terrain de la rue Saint-Honoré ^ où fut édifié le couvent principal qui était encore en 1698 « le plus considérable que cet Ordre eût en France ■' » ; leur église avait été bâtie en
1. Guy Palin, Lettres clioixies, l'aris, 1G92, t. I, p. 209. (9 avril 1658.)
2. P. Theodoric de Saint-René, Carme des Billotlos, Remarques hisl. données à l'occHsion de la Sainte Hostie miraculeuse conservée pendant plus de iOO ans dans Vétjlise paroissiale de Saint-Jean-en-Gréve, à Paris, Paris, 1723, t. II, p. 84.
3. Gustave Fagnioz, Le I'. Joseph et Uichelieu, Paris, 189 1-.
4. Fr. Emmanuel de Lanmodez, Titre de fondation des (Uipucins de la me Sninl- Ilonoré et contrat d'acquisition. Ulullrtin île la Société de l'Uisl. de la Ville île Paris, 1889, t. XV, p. 176.)