‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 148 sur 464 · Le Maire, 1. 1, p. 396 et siiiv · texte numérisé non relu

Le Maire, 1. 1, p. 396 et siiiv

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Celui tki faubourgs Saint-Jacques était de fondation récente, car il avait pour origine le legs de sa maison (ju avait t'ait à l'Ordre en ITil:^ François Godcl'roy, seigneur de la Tour.

Sept ans plus tard, le P. capucin Analliase Mole, Irôre de M. Mole, alors procureur général et ensuite premier président au Parlement de Paris, fondait celui des « Maretz du temple » dans la rue d'Orléans.

Le P. Joseph ne peut figurer au Compte, car il a expiré à Ruel dans les derniers jours de 1(138, mais le nom des Carmes de Meudon y rappelle particulièrement son souvenir ; dans ce couvent, il a eu en 1602, la direction des novices, et y a obtenu des lettres de Prédicateur, en cjuittant celui de la rue Saint-Ilonoré où il a prononcé ses vœux le 3 février KiOd. C'est sur la place publique de Meudon qu'il a fait ses premiers sermons, l'église étant trop petite pour l'afTluence des auditeurs ; c'est de Meudon qu'il est revenu à Paris prendre l'ordre de la Prêtrise et professer la Théologie après deux années d'études à Chartres, avant de commencer ses fameuses missions du Poitou qui l'emmèneront un jour à Luçon '.

Encore des voisins que les Feuillants de la rue Saint-lIonoré qui sont portés à la liste avec leur noviciat : leur couvent est vis-à-vis de la place 'Vendôme actuelle ; Henri IV, leur fondateur, a posé en 1601 la première pierre de leur église, achevée en 1608 ; Marie de Médicis l'a embellie, et Louis XIII a contribué à la dépense du portail élevé en 1624.

Les Jésuites qui viennent ensuite, avec leur couvent de la rue Saint- Antoine, rappellent un des côtés les plus curieux de la vie politique du Cardinal à laquelle ils ont été constamment mêlés par leur situation exceptionnelle à la cour et la puissance de leur Ordre ; leur privilège de fournir des confesseurs au roi représentait, en ell'et, pour le Cardinal, un facteur de tout premier ordre dans ses relations avec ce dernier.

Galhcan en pratique, Richelieu ne les aime point ; sorbonien par éducation, il a été témoin de leur longue lutte avec le clergé sécidier et avec l'Université de Paris, lutte qui a pris une acuité plus grande à la mort de Henri l\ , à la faveur des passions soulevées par le procès de Ravaillac ou à son prétexte, et dans le Testament politique, il résumera ses idées sur la question, d'une façon d'autant plus remar([uable, ([u'il y fait montre d un esprit vraiment large et contraire à ses idées habituelles d'absolutisme rigoureux.

Mais, s'il ne les aime point, il les redoute et les ménage, et il en est de même vis-à-vis de lui pour l'ordre puissant qui seul lui tint tête ■ ;

1. Abbé Hichard, Le véritable P. Joseph, capucin, 1750, t. I, p. .30.

2. G. Ilanotnux, Ilist. tlu C.ard. de Richeliou. — De Moiitclial <Iont les Mémoires ne

loi I.A MAISON DU CAUDINAl. DE RICHELIEU

celle urtînlté secrète ne iirocède-t-elle point au fond d'une communauté de principes et de la même inflexible rigueur sur la discipline et l'unité?

De bonne heure, il avait pénétré leur force ; leur protection toute-puissante grâce il leur situation à la cour, lui était du reste nécessaire pour la réalisation de ses ambitions politiques, et il n'omit rien pour se la ménager. Après avoir pul)lié sa Béponse aux ministres de Charenton* écrite en six semaines dans son prieuré de Coussay -, il en adressait un exemplaire au P. SulTren, confesseur de la reine-mère, » ayant pris la plume, disait-il, en partie à cause de vostre compagnie •*... » Revenu auprès de la reine-mère, il olTrait au P. Arnoux, confesseur de Louis XIII, un pacte d'alliance « pour le bien du service de leurs majestés '' » ; et si cette lettre ne fut pas envoyée, comme le note Avenel, une autre de même sens, postérieure de quelques mois, prouve l'importance qu'il attachait à cette amitié'.

On se l'explique de reste avec l'ascendant inévitable du confesseur sur le roi, irrésolu, timoré, exagérément dévot c et toujours disposé à écouter le mal même contre ceux qui le servent bien » ; aussi lorsqu'en 1623 la reine-mère donna à Louis XIII, à l'instigation du Cardinal, son propre confesseur le P. Suiïren. en remplacement du P. Seguirau qui avait succédé lui-même au P. Arnoux, Richelieu adressait au nouveau confesseur, un mémoire où il délimitait soigneusement son action ; ces instructions mêmes, par leur précision dans un sujet aussi délicat, sont un reflet des graves préoccupations qui le hantaient sur ce point''.

La disgrâce foudroyante de Fancan, son pamphlétaire attitré, qui l'avait servi si énergiquement de sa plume, fut-elle due à un pacte avec la « Cabale » dont le concours lui était nécessaire à la veille des opérations contre les protestants? L'auteur du Mémoire du temps

sont qu'un long réquisitoii'C contre Ricliclieu, a bien résumé, <iuoique dans un sens hostile, les caractères extérieurs de cette lutte sourde : " Il tenoit sous soi les Jésuites par dos bienfaits et par les soins du Si" des Noyers; et quoique les oppositions et les contrariétés qu'il leur a souvent suscitées leur ayent assez fait conuoitre le peu de vraye affection qu'il leur portoit, si est-ce que ces Relif^ioux prudents et sages dissimulaient le mal, pour en tirer le bien et se rendre plus considérables par sa protection auprès du Pape, qui semblait n'avoir pas tant il'incHiiation à les aimer. » [Mémoires, Rotterdam, 1718, t. I, p. .36.)

1. Les principaux points de la Foi catholique ile/jTendii.t cimlre l'Ecrit adressé au lioi par les quatre Ministres de fUiarenlon, Poitiers, 1617.

2. Histoire de la iii<^re et du lils, Amsterdam, 1731, t. II, p. 2">9.

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