G. Fagniez, Le P. Joseph et Richelieu, Paris
La Maison du Cardinal i>e Ricueliei;. 1 1
162 i.A MAISON nr c.viaiiNAi. i>K iuciielifl'
de Fontevraiill, dont elle avait accepté la coadjutorerie et où elle établit la réforme.
Une lettre que Richelieu lui adressait, d'après Avenel ', vers 1609, époque de son séjour à Lu^on, montre combien le futur cardinal, l'évêque d'alors, appréciait et vénérait cette femme, intelligente, spirituelle et belle, restée veuve à l'âge de 30 ans et qui fit preuve, dans la fondation do l'ordre du Calvaire d'une énergie et d'une foi admirables. Après sa mort, il continua efficacement sa protection à son cBUvre ; depuis la fondation du premier couvent à Poitiers en l(JI7 jusqu'à la mort du P. Joseph, en 1G38, l'Ordre prenait en etfet une extension qui témoigne d'une intervention puissante, et son développement a précisément lieu, ce qui est caractéristique, presque uniquement dans ces provinces de l'ouest et du centre qui sont comme le iief du Cardinal, et où nous avons vu qu'il recrute de préférence sa famille ; fondation à Angers en 1617 ", Paris en 1620 et 1634, Nantes en 1623, Loudun, Mayenne en 1624, Vendôme, Saint-Brieuc, Morlaix, où entre une de ses cousines, Madeleine de La Porte ■' en 162r), Chinon en 1626, Redon en 1629, Rennes en 1631, Tours en 1636, Orléans en 1638 : seize couvents en vingt et un ans * ! Cela seul justifierait la présence de l'ordre sur la liste, s'il n'existait pas d'autres marques de la prédilection du Cardinal pour lui. Elles sontnoml)reuses : le 8 juillet 1636, Richelieu faisait don à leur couvent de Paris dune rente de mille livres par an pour tenir une lampe d'argent « qu'il fera faire expressément, continuellement allumée devant l'autel de la sacrée Vierge, et y faire dire tous les Samedys une messe en son honneur ».
Il y joignait un don de six mille livres pour les bâtiments de la comnmnauté, et quehjues mois plus tard, il leur donnait trente mille livres 5.
A ce moment, les Filles du Calvaire possédaient à Paris deux couvents, l'un d'eux tout près du petit Luxembourg, dans un terrain que la reine Marie de Médicis leur avait acheté'', l'autre aux Maretz du Temple dont la duchesse d'Aiguillon posait la première pierre en 1634^; mais les
t. Avciiel, Lettres..., l. I, p. 48.
2. La reine-mère acceptait le litre de fondatrice des Cnivairionncs do cette ville. (G. Faf^nioz, Le P. Joseph et Richelieu, l. I, p. ll.'j).