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Avenel. .., Lettres, l. I, p. iV

3. Abbé Destombes, La persécution religieuse en Angleterre, Paris, ISOi, \i. 104 et suiv.

164 LA MAISON DU CARDINAL DK RTCIIELIEU

à voir s'accroître ces groupements d'intelligences et de croyances qui lui sont un auxiliaire dans sa lutte contre l'Hérésie hostile d'Outre- Manclie — et dans quel quartier ! — au centre des Ecoles, à l'ombre de la Sorbonne, sa grande protégée, sur cette colline de l'Etude dont la porte est marquée par deux flèches qui lui rappellent, celle de Saint-Se vérin, sa famille, car son père s'y est fiancé, celle de Saint-André des Arcs, ses premiers succès oratoires, car dans cette dernière, il a souvent prêché à ses débuts devant le roi et toute la cour'. Aussi ne s'étonne-t-on point de voir suivre sur la liste d'autres maisons anglaises dans le même quartier de Paris. Quatre ans après l'établissement du nouveau collège d'Arras, en IGiri, les Bénédictins anglais de Douai sont appelés par Marie de Lorraine, abbesse de Chelles, et installés par elle à Paris pour y constituer un centre de recrutement, de confesseurs et de missionnaires; du collège Montaigu, ils sont transférés au faubourg Saint-Jacques ; de là abandonnés par leur bienfaitrice parce qu'ils se refusent à un nouveau déplacement, ils peuvent, en 1618, grâce à la protection du Père Gabriel GilFord, trouver asile dans une maison de la rue de Vaugirard ; six ans et demi après, ils s'installent dans la rue d'Enfer qu'ils quittent pour une maison délaissée par les Feuillantines ; c'est là que vient les trouver en 1639 la générosité du Cardinal.

Les « Prestres hybernois » qui clôturent cette longue liste y ont été ajoutés, non pas pour remédier à un oubli du copiste mais comme une addition postérieure à la confection du Compte original, car ils sont en dehors des trente-sept maisons dont le chiffre est indiqué, et sans qu'il soit fait mention, comme pour les précédentes, de la quittance de paiement. Ces malheureux exilés, dits Religieux hybernois de l'ordre de Saint- François devaient être bien peu nombreux et manquer de protecteurs, car Sauvai en parle seulement comme ayant reçu en 16^53 de l'abbé de Saint-Germain l'autorisation d'avoir un hospice dans le quartier du Luxendjourg, et comme ayant une petite maison rue du Chasse-Midi ; ce n'est que bien plus tard, en 1677, qu'ils furent autorisés à s'installer dans le collège des Lombards.

Il n'y a (ju'une maison de femmes, dans cette catégories d'étrangers et nous l'avons à cause de cela réservée pour la fin, bien que dans le Compte elle précède les Ermites de Corbie; ce sont les Religieuses anglaises, Chanoinesses régulières réformées de l'ordre de Saint- Augustin, appelées plus tard Dames de Notre-Dame de Sion'-'. Venues de Douai et ayant

1. Lettre ilérliiffréo, 1G27. ( Recueil de diverses pièces pDiir seroir ;'t t' histoire, 1039 p. 22. j — Jean Iléioard, Journal de Louis XIU, l. II, p. 100.

2. Abbé Cédoz, Un couvent île religieuses anglaises à Paris, Paris, 1891.

AUMONES, DONS ET PENSIONS 1 6o

obtenu en lfi.13 la permission de s'établir ;"i Paris, elles se sont installées d'abord au faubourg Saint-.Iaeques dans la rue d'Enfer, puis transportées près de la porte Saint-Antoine ; en cette année de 1639, elles viennent d'abandonner cet établissement, jugé insalulire, pour se fixer définitivement dans la rue des Fossés Sainl-\ ietor, où elles ont acheté à la fin de l'année précédente' la maison de Haïf, le premier siège de l'Académie de Poésie et de Musique de Charles IX, célèbre dans Paris pour les inscriptions grecques peintes sur la façade, qui en font un but de pèlerinage pour les lettrés.

La maison est exclusivement réservée aux anglaises; l'une d'elles, lady Tredway, chanoinesse de N.-D. de Beaulieu à Douai, l'a fondée avec cinq jeunes novices, sous la protection du fameux docteur Thomas Carre ; auprès du Cardinal, elles ont eu l'appui de M""' de Combalet et de Richard Smith, l'évèquedeChalcédoine ; ce dernier est leur directeur, et, en 1639, il vient de bénir leur église tout récemment édifiée ; sa vie est trop liée du reste à l'histoire de ce couvent, pour qu'on puisse les séparer, et bien que ce personnage n'apparaisse dans le Compte qu'après les parents du Cardinal, à l'article des pensions, il trouve logiquement ici sa place.

Richard Smith -, « évêque de Chalcédoine» (c'est sous ce titre qu'il est toujours désigné dans le Compte) est alors âgé de 71 ans. Né en 1568 dune famille protestante, à Hanvvorth dans le Lancashire, il a fait son abjuration au collège anglais de Rome où il a été admis en 1586, et ordonné prêtre en 1592.

Elève du célèbre théologien Robert Bellarmin, il a tenu la chaire de philosophie et de controverse à Valladolid et à Séville, puis il est revenu en Angleterre en 1603 comme missionnaire; ses fonctions d'assistant de l'archiprêtre dans les districts de Sussex et du Midi qu'il occupe pendant six ans, le mêlent à des discussions délicates sur des points de discipline religieuse, et sa valeur comme théologien, et son caractère énergique et indépendant lui valent d'être délégué pour les négocier à la cour de Rome. Après un premier succès auprès de Paul V, et une lutte de dix-huit mois, où il se heurte à des hostilités invincibles, il résigne ses fonctions et revient en Angleterre.

C'est alors (ju il fonde à Paris, en l()l I, un collège fameux de controverse, ce collège d'Arras que nous avons vu plus haut. Fait-il à ce

1. 20 décembre 1638 (Edmond Fremy, L'académie des derniers Valois. Paris, t887, r,88V

2. -Vbbé Cédoz, Un. couvent de religieuses anglaises à Paris de I63i h IHSl, Paris, 1801, p. 48 et 40.

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moaunl la connaissance de Richelii-u qui lirille alors à Paris par ses prodicalioas devant la Cour à Saint-André-des-Arcs ? N'est-ce point plutôt pendant la période des séances des Etats généraux de l(il4-161u auxquelles assiste Richelieu ' ? Quekjues mois plus tard, en elTet, lorsque ce dernier rcnlre dans son évèché de Lu^on, il recommande chaudement à Bertrand Deschaux, évêque de Bayonne et premier aumônier du roi, son collèî^uc aux Etats -, « ces bons prehtres aufj^lais » qu'il lui a fait voira Paris ', et il est vraisemhlahle qu'il désirfne ainsi les professeurs du coUèp^'e d'Arras. N'est-ce point même un ami commun qui les a mis en rapport, le célèbre Duveryier de llauranne que Richelieu a connu comme grand vicaire de son confrère et voisin, La Rochepozay, évèque de Poitiers, chez letjuel il vient souvent de Luçon se divertir'? Alors, en elTct, que Richelieu prenait ses <if rades, Duverj^ier se liait à Paris avec le célèbre Jansénius, de Louvain, un partisan comme lui de la doctrine épiscopale dont Richer, le syndic de la Sorbonne, et Richard Smith tenaient alors la tête '.

Quoi qu'il en soit, le Cardinal, (jui voyait dans le mariage anglais, négocié lors de son arrivée au ministère, un moyen de raviver le parti catholique en Angleterre'', devait certainement déjà connaître Richard Smith, et apprécier son caractère et sa valeur pour insister avec passion, comme il le faisait, pour (ju'il y fût réintégré dans une haute dignité ecclésiastique, malgré les calomnies et les manœuvres de ses ennemis ; par le P. de Bcrulle supérieur de l'Oratoire, alors en mission à Rome ", et par le comte de Hétliune, ambassadeur de France auprès du Saint-Père ^, il Unissait par vaincre les résistances et obtenir pour Richard Smith la charge d'évêque de Chalcédoine, devenue vacante par la mort de Bishop ; il y était joint le titre de vicaire apostolitjue d'Angleterre et d'Ecosse, avec tous les pouvoirs d'un ordinaire .

1. Son discours ilo clotiuc nu uoui du clerpfé est du 2.Î février KîIS.

2. L'évc'(|ue de Rayoïiue était iléputé du cli'r;,'é pour U; pays d'Ax cl sénccliaussée de Lanncs et Saint-Sever.

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