Tallemant, llift.. t. V, p. .36o
3. " A quoy serons-nous bons quand il n'y aura plus de guerre », disait, au siège de Rouen, le maréchal de Biron à sou fils qui promettait, en une occasion, si on lui voulait donner un assez petit nombre de gens qu'il demandait, de défaire la plus grande part des ennemis. Tallemanl, llisl., I. I, |). 24.
times, qui puisse suffire pour trtiis ou cpiatre années de paix * ». De plus rinaclion pèse trop lourdement à ces gentilshommes entraînés à la guerre, qui pendant près d'un demi-siècle, ligueurs ou huguenots, ont joué de la rapière pour leurs passions du jour confondues avec leurs besoins, leurs intérêts et servies par leurs instincts ataviques. Aussi, quelques années après l'établissement de la paix religieuse et politique, le premier cri qui a un éclio, est-il un cri de guerre. C'est un factum qui le donne, <■ Le soldat fran^ois », paru en I (JOi, et le Ijruil qu'il produit est significatif; l'on sent l'àpre besoin de la lulte dans cette clameur exaspérée « la fumée des cerveaux Français d'un milion, qui ne sçavent où porter la main (|ue sur la poignée de leurs espées, le pied que sur une brèche, l'œil que sur un champ de bataille -' ». Son retentissement, le nombre des écrits auxquels il donna lieu, la violence de la polémique, prouvent assez qu'il répondait à des passions vivaces. En même temps, les lames, lasses du repos qui a suivi la Ligue, ont jailli seules du fourreau ; l'ennemi faisant défaut, l'on se bat entre soi, par habitude, par désœuvrement, par plaisir ; l'on se tue entre inconnus, entre voisins ^, entre amis, entre parents ^ ; c'est hi lièvre du duel, souvent féroce ■', accom-