ÉCUYERS ET CEMILSHOMMES SERVANTS
pagné, comme la guerre qu'il remplace, de déloyautés ', de surprises -, de guet-apens, qui loin de choquer, semblant tout naturels. Mais ceci n'est qu'un palliatif à un besoin inassouvi de principe, de race, pour ainsi dire; en même temps qu'elle se tue elle-même, la noblesse meurt de pauvreté, et cette pauvreté pèse d'autant plus lourdement sur le peuple, qu'elle doit pour subsister, continuer à user sans scrupule autour d'elle des expédients qui la font vivre en temps de guerre •*. Un des livres les plus curieux du commencement du siècle qui est un projet de réforme complète de l'État, mettait le doigt sur ces deux plaies d'une façon saisissante : la noblesse étant nécessaire à l'Etat, il faut la défendre contre elle-même, en supprimant les duels par une « severe deffense de les olTrir ou accepter, sous peine de confiscation d'honneur, de corps et de biens ' » : pour la sauver de la pauvreté onéreuse au » paisan i'rançois » il suffit de l'attirer aux charges publiqueset de judicature accaparées par les roturiers, en lui donnant des avantages, mais par (( temps my party et alternatif » pour lui permettre de servir aussi le roi par les armes -'.
Voilà en germe les premières idées de Richelieu sur la noblesse, et il est intéressant de constater qu'il s'assimilait même l'idée du « Paisan françois » en ce qu'elle a de plus original et hardiment novateur dans ce cumul des affaires et de la profession des armes. Lorsque la noblesse, de son propre aveu, » accablée par la pauvreté, rendue vicieuse par l'oisiveté, presque réduite au désespoir par l'oppression » demande en 1626 au roi à entrer dans « l'administration de la justice, de la finance et de ses conseils '• », il proposera au roi de faire servir « par quartier dans ses conseils » de sages gentilshommes choisis « pour former leur esprit aux affaires, et les rendre capables de servir k de plus hauts emplois "". »
1. Tallemant, Jlist., t. I. p. S.iO. IhUL, t. II, p. 391-421.