‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 182 sur 464 · Sourdis, Correspondance, t. II, p.4i · texte numérisé non relu

Sourdis, Correspondance, t. II, p.4i

4. ILid., t. II, p. 5j4, 393, 397, 398. Aubery, Mémoires, t. V, p. 32, 34 et 55.

3. Jugement sur la Préface et diverses pièces, 1633, p. 43. {Recueil de pièces pour la défense de la rey ne-mère, Anvers, 1613.)

6. Lettre déchiffrée, ièil , p. 18. {Recueil de diverses pièces pour servir à l'histoire, 1639.)

La .Maison di' Cardinal de Richelieu. 13

19t I.A MAISON Dl' CAHUINVI. DK UICHEI.IEI'

généalogistes complaisants, en se réclamant il'iine origine commune à trois provinces, l'Anjou, la ïouraine et le Poitou ? C'est le sujet d'un des coups de la grilîe acérée du pamphlétaire, le plus sensible parce que le plus vrai ; déjà, dans les libelles précédents, il a raillé son ennemi de ses prétentions à descendre, d'abord de Louis le Gros ', puis des rois de Navarre '' ; Richelieu a protesté de la noblesse de son extraction, en reprochant au pamphlétaire de la vouloir nier; cette imprudente accusation provoque une réplique mordante, qui est toute à citer :

« Je n'ai jamais escrit que le Cardinal ne fui pas de noble extraction... Je dis que les conjectures ne sont pas avantageuses pour le Cardinal ; nous ne voyons dans sa famille ([u'un petit fief, sa mère, fîUe d'un advocat, et rien ne paroist ny dans ses armes, ny dans les actions de ses ancestres, ny dans leurs (jualitez, ny dans leur charge qui ne se trouve dans la plus commune noblesse ; c'est ce que nous avons voulu dire. Si vous estiez homme de bonne foy, vous auriez rapporté tout nostre discours, qui estoit que dans l'escusson de Richelieu nous n'avons rien remarqué qui sentist sa maison bien relevée. Outre cela, nous vous prions de prendre garde, que l'ancien nom rtunt du Plessis, il y a un si grand nombre de gentilshommes qui le portent en France, qu'il est malaise de s'empescher de prendre l'un pour l'autre, et très aisé de donner le change. On peut dire aussi, que ce nom n'a pas esté si relevé dans le monde, puisqu'on le quita il n'y a pas si longtemps, pour prendre celuy de la petite terre de Richelieu 3. »

De Morgues frappait juste ; il n'y a rien de commun, en effet, que la synonymie entre la terre qui a donné son nom à la famille de Richelieu, et les Plessis de ses gentilsliommes servants. La première est située aux environs de la paroisse de Néon, ;\ quelques lieues du Blanc, sur les bords de la Creuse, aux confins de la Brenne et du Poitou '' ; quant aux deux autres seigneuries, l'une d'elles, le Plessis-Macé est une petite terre de la famille du BeUay, érigée en baronnie, à 13 kilomètres d'Angers, dans le Maine-et-Loire.

Du Plessis du Bellay, le gentilhomme servant, qui en prenait le nom tronqué, est Antoine du Bellay -i qui sera plus tard chef de la maison du

1. TrcA-humUo, lres-veritabli> et Ires-imporlante remonslraiice uii ri>y, 1031, in-4°, p. 49.

2. Remoiiîilrance de (Jalon chreslien, lO'il, 111-4", \>. 18U.

3. Juijenient sur la Préface ri rliverses pièrps, 103"). [liecuinl île i>ii''ces pour la défense de la ret/w-niire, Anvers, 1043, p. 44 ot 4o).

4. G. Ilanotaiix, llist. du cardinal de liiclielieu, l. I, p. IS.

5. Bib. Nat. Pièces orig., V, 2300-11!): Heru de oOO livres par Anihuine du Plessis, gentilhomme servant de Mgr le cardinal de Richelieu. Signé : du Plessis du Bellay.

ECL'YKIIS Kl i;i:.MII.SIInMMi:s SKUVANTS lit.')

Bellay, après son père, Guy du Bellay, seigueur de la Courbe, Raguin. baron du Plessis-Macé ; sa mère est Marie de Pluvinel, lillc du célèbre écuyer de ce nom. Antoine, sous-gouvernenr de Louis XIII. Richelieu connaît depuis longtemps les deux familles ; d'après Avenel, on trouve en 1617 une lettre de lui à Martin du Bellay, prince d'Yvetot. alors chef du nom et des armes de la famille '. et en 1027 à l'un des lils de celuici-, Charles ou René, dont il se dit laiiii ; ces relations étaient du reste de ce côté, basées sur une alliance, car Urbain de Maillé, marquis de Brézé et seigneur de Milly, qui épousait en 1(117, Nicole de Hichelieu. la sœur du Cardinal, était par sa mère Claude de Gravy, le petit-lils de Renée-Claude du Bellay-Lange}- ^.

D'autre part, le Cardinal avait eu aussi comme ami Antoine de Pluvinel et avait reporté sur le fds l'affection qui l'unissait au père, car en 1G42, nous le voyons appuyer par des Noyers, auprès du roi, une demande d'agrément en sa faveur pour le traité qu'il avait fait du gouvernement de Crest, une petite place du Dauphiné '.

Cette quasi-parenté de la famille du Bellay avec Richelieu était cimentée en 1640 par une alliance ; Antoine du Plessis du Bellay épousait cette année-là Madeleine de Beauveau, d'une famille déjà alliée par les femmes à celle du Cardinal ', d'après son propre témoignage, sans parler de Jean de Beauveau, qui a été le premier époux de sa sœur aînée Françoise ''. Enfin l'on a vu les rapports de Richelieu avec Gabriel de Beauveau, l'évêque de Nantes qui a été son maître de chambre, et un neveu de ce dernier, Antoine d'Appelvoisin, est encore dans sa maison, en qualité d'enseigne de ses gardes.

Pour l'autre du Plessis, du Plessis-Bénart, nous ne pouvons présenter que des conjectures : est-ce Hilaire de Laval, qui s'est trouvé avec Louis XIII à la journée du Pont-de-Cé, l'a accompagné dans son voyage du Béarn, et a servi au siège de Saint-Jean-d'Angely, k la défaite de Ré, à la prise de Royan, de Sainte-Foy, de Négrepelisse ? Est-ce plutôt son frère, Guy-Urbain de Laval, baron de Plesse en Anjou'.' Par sa femme,

1. .\venel, Lellres..., t. I, p. .340 iiolc^. Martin du Bellay était député de \a ooblesse pour la sénéchaussée d'Aujou aux Étals de 1C14, où Richelieu représentait le clergé avec Philippe Cacaud pour la sénéchaussée et pays de Poitou, Fontenay et Niort.

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