Ibid., t. IV, p
il. Ihid.. t. IV. p. 556.
déjà eu recours à Bordeaux '. Il quitte Fleury pour Juvisy -, où l'air de la campa-^ne le soulaj;e, et rentre de là le 13 juin à Ruel, en passant par Paris. Est-ce le déplacement de son mal ou une nouvelle indisposition'.' Le jour même de son arrivée, il donne au roi de ses nouvelles, en le remerciant de ses bontés pour lui, « la seule chose qui. avec la grâce de Dieu, dit-il, est capable de me maintenir dans les incommodité/, perpétuelles de ma mauvaise indisposition, mon rliunuitismc court tousjours d'un coté et d'autre, mais légèrement : maintenant je l'ay sur les mâchoires ; je m'en deffens le mieux que je puis par polils remèdes-'... »
Ce répit ne fut que temporaire ; un an plus tard, à pareille époque, il est atteint pour la troisième fois de la crise qu'il a eue à Bordeaux ; la litière même le fatigue ; il se voit " en estât de ne pouvoir de longtemps aller que couché », et il se fait porter dans un brancart de Bois-le- Vicomte à Ruel K
Richelieu dissimulait la véritable nature de son mal « qu'il ne faisait passer dans le monde que pour incommodité ». Si l'ouverture de l'abcès le soulagea ^dans cette troisième rechute, il était plus touché cette fois et il laissait percer d'une fayon inusitée son découragement, si l'on peut employer ce mot avec un homme d'une indomptable vitalité comme lui : il constate amèrement, en écrivant au roi, que» dorénavant, les voyages même en litière seront hors de sa portée... le débordement de son sang venant de l'esbranlement du plus faible et plus délicat corps qui soit au monde. Si j'ay passé jusqu'à présent pour un bon diamant, je me considère maintenant pour un diamant d'.\lençon qui n'est pas plus fort que du verre... ^ ».
Avec son énergie, il se relevait vite; à la fin de juin, il parlait de sa maladie comme d'un passé lointain : « J'ai esté malade et suis guéry grâces à Dieu". » Sa plaie allait de mieu.x en mieux, mais sa faiblesse était telle, qu'à Ruel il ne lui était « permis de prendre l'air que par la fenestre dans une chaire, et y faire deux ou trois tours ^ » ; il ne pouvait même rester assis dans le jardin sans se trouver mal, ce qui lui arriva par deux fois '.
I. Philippe Fortin de la Hoguette, Lettres inédiles (Tamizey de Larroque), La Rochelle, 1888, p. 176.
•2. \\enel, Lettres..., t. IV, p. 566.
3. Lettres du Cardinal de Richelieu, Paris, 1606, t. Il, p. .H3.