‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 188 sur 464 · Iltid., t.V, p · texte numérisé non relu

Iltid., t.V, p

'.). Ibid., t. V, p. 025,

Ses maux de tête n'ont pas cessé, et le tourmentent cruellement à la fin de cette année ; son état ne s'était pas amélioré, et il vivait toujours dans l'appréhension d'une autre rechute. En mai 1636, il se remémorait avec angoisse la crise qu'il avait eue pendant trois années consécutives, à cette même époque, la veille de la Pentecôte ' ; elle l'épargna cette année-là ; en novembre encore, cependant, il parlait avec effroi de son retour k Paris, au milieu des tracas qu'il n'abordait qu'après un séjour reposant dans la solitude de Ruel '-.

C'est la dernière fois que la Correspondance nous renseigne sur sa santé ; il n'y en est plus question jusqu'à son séjour à Narbonne en 1642, où il .subit la rude atteinte qui le mit à deux doigts de la mort, et dont il ne se releva point ; mais ce serait sortir de notre cadre que de le suivre au delà de l'année du Compte. Cette dernière est comprise, comme on le voit, dans une période d'accalmie, et elle correspond aussi bien qu'à l'apogée de sa puissance, à celle non pas de ses forces physiques, ce qui serait un mot d'une triste ironie, mais du répit dans son délabrement corporel .

En lisant ces courts bulletins quasi-officiels où le Cardinal cache le plus possible ses souffrances et la gravité de son état, l'on reste confondu devant l'immensité de l'œuvre accomplie jusqu'au dernier moment ■' dans de pareilles conditions, et l'on s'explique aussi l'importance qu'avait à ses yeux sa maison médicale, dont la science et les soins devaient lui assurer la force physique indispensable à sa vie politique.

Malgré son énergie dans cette lutte pour la vie cpii était la première condition de son œuvre, et bien que se ressaisissant après chaque crise, Richelieu était, en réalité, profondément affecté par ses infirmités contre lesquelles il raidissait sa volonté ' ; ses ennemis qui ne l'ignoraient point, et qui suivaient les progrès de son mal avec une joie féroce non dissimulée, ne se faisaient pas faute de les lui rappeler ; le sujet a inspiré à de Morgues, le mieux renseigné et frappant les coups les plus sûrs, l'un de ses morceaux de plus haute et plus large envergure dans la violence de sa haine :

« Comment pourriez-vous écouter les leçons du Livre de Dieu, ayant fermé les oreilles pour n'ouïr point la voix de la nature, qui vous advertit

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