‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 189 sur 464 · Ihifl., t. VII, p. 69 (note · texte numérisé non relu

Ihifl., t. VII, p. 69 (note

4. L'une de ses devises " Déficit et sufGcit », sous un soleil ('clipsc, ùtail une allusion k l'aceomplissenient des devoirs de sa charge nmalgré ses infirmités. — P. Bouhours, Les Entreliens d'Ariste et d'Euijène, Paris, 1671, p. 503.

LA SANTÉ DK RirHELIElI 201

tous les jours par les infirmité/, et par les fréquens remèdes que vous prenez, de ce que vous estes et de ce que vous n'estes pas? Il ne faut point de valet de chambre qui vous crie tous les matins (comme on faisoit au royde Perse) : Souvenez-vous que vous êtes homme ; les maux de teste, les ardeurs du sanj^, les fièvres de lion, qui ne vous quittent point, les serinp^ues, les lancettes et les baignoires vous donnent advis que non seulement vous êtes mortel, mais que vous possédez la vie avec des conditions onéreuses ' . »

L'on comprend de reste, après cela, que l'état de santé et les infirmités de Richelieu exig'eaient auprès de lui la présence continuelle d'hommes de l'art. Aussi, sa maison médicale est-elle complète et composée de cette trinité invariable de la santé, médecin, apothicaire et chirurgien qui se retrouve au chevet du bourgeois malade - comme chez tous les grauds seigneurs et princes de l'époque, de Chàteauneuf ', le jeune duc d'Enghien, le duc de Montmorency ', Henriette-Marie de France, la sœur du roi, la reine-mère, la reine Anne d'Autriche, le roi, toutes proportions gardées pour ces deux dernières, en raison du chifTre du personnel auquel les soins médicaux y sont assurés.

Son rang à l'Etat des gages est significatif au point de vue de la préséance et de son importance dans l'esprit du Cardinal ; elle est placée après les gentilshommes servants, sur la limite de la domesticité d'honneur, et avant les organes du rouage matériel de la maison.

De I' ces anges gardiens d'une santé qui fait vivre la France ■' », Gitoys, le médecin est le premier nommé ; ses appointements de 900 livres, comme en 1626 •>, sont les plus élevés de l'état, après ceux de Maignan, toutefois, le jardinier de Ruel. que nous rencontrerons plus loin; la ditTérence avec

1. Charitable Remonslrance de Caton Chrestien, 1631, in-4°, p. 7 et 8. — De Morgues a reproduit en latin la même idée, et d'aussi magistrale manière, dans son Epilaphe du Cardinal en latin : « Utrique bili, id est vita; carniBcibus obnoxius, flatuae ignés et atra? fuligines est continuù passus ; sic venenum, quod in aliorum perniciem elTudit, non fine suà conlinuil »...

« Quod Ecclesiam adlixit Cardinalis sanguinem sudit Sacerdos ; nullas injurias condonavit Christianus : nec honio mortalem se esse memineril, etiam cùm ebullientes c raullis ulceribus vermes admonerent, quam fragili et quam fœtid.-r mortalitati obnoxius esse t. » — J. A.Plessœi Richelieu, S. R. E. Cardinalis... l'il^p si/nopsis inscribenda tumulo, s. 1. n. d., in-4'', p. 4 et 6.

2. François Pcdoùe, Le bourgeois poli, 1631 {\'ariélés hisl. et litt., t. IX, p. 181).

Page 1