‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 191 sur 464 · Talleraant, llisl., t. III, p · texte numérisé non relu

Talleraant, llisl., t. III, p

9. Mélanges d'hisl. et de lill. par Ht. de Vigneul-MarKille, Paris, 1725, t. I, p. 274 à

10. Il en est une nvfc i'inlarissalilc faconde de 1 abbé de Marolles, Méin.. Amsterdam. I7l)'i, t. I. p. l'.tl).

Cette naïve ingratitude que l'on iiolo chez Navailles', Bassompierre - et Pontis ', entre autres', ne leur est pas particulière; elle est dans les mœurs, et Pujségur •' est tout aussi discret en relatant l'audacieuse opération qui sauva la vie au comte de Rantzau, en I6i0,ausiège d'Arras. Dans la correspondance de Riclielieu. l'un île ses chirurgiens domestiques, Leroy, est nommé une fois seulement, et c'est incidemment, au sujet d'une dépèche apportée par son frère ; si quelque autre nom vient sous la plume du Cardinal, comme celui de Juif ', à Xarbonne, par exemple, c'est uniquement parce qu'il fait partie de la maison royale.

Il en est de même de Lucante, le chirurgien du duc de Montmorency ; nous le connaissons, non pas pour son mérite professionnel, mais pour son attachement et son dévouement " à son maître dont il panse les blessures une fois prisonnier *ot(ju'il essaie it deux reprises de faire évader^ ; un autre exemple aussi typique nous montre que Beaumarchais n'a rien inventé, car le chirurgien d'alors manie aussi bien le rasoir que la lancette, ce qui explique sa situation spéciale d'intimité auprès du seigneur, même de celui qui n'est pas exposé au hasard des coups ; lorsque de Châteauneuf emprisonné garde toute sa famille avec lui, son chirurgien est l'un de ces domestiques inconnus que le Cardinal conseille au roi d'écarter du prisonnier ainsi ([ue son maître d'hôtel, comme « gens du tout confidens et à entreprendre "■ ».

Cet anonymat est encore plus complet pour les apothicaires qui n'ont pas, il est vrai, les mêmes occasions d'accès auprès du maître, mais qui joignent en revanche à leur qualité d'opérateurs manuels, celle de marchand qui est plus relevée et leur vaut de passer avant les chirurgiens dans l'ordre hiérarchique du temps ; cette dernière remarque s'applique plus particulièrement aux maùsons royales de l'époque que nous avons citées " : quelquefois même l'apothicaire y précède le médecin, et avec

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