‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 204 sur 464 · Ibicl., l. VII, p · texte numérisé non relu

Ibicl., l. VII, p

4. La meatioa de ce legs où Mathieu Berthereau est qualiQé de « maître chirurgien 1) nous a été conservée par Brièle : Inventaire sommaire des archives hospitalières antérieures à 1790. Ilôlel-Dieu, Paris, 1884, t. II, p. 33.

Enlin, pour s'assurer les soins de ses derniers jours, à Saint-Denis où il vivait déjà dans la retraite, il voulut être porté à l'hôpital des Troiscents-aveuufles, se confiant à son vieil ami, Charles Daron, chirurgien en chef de cet établissement, et il y resta jusqu'à sa mort, survenue le 7 février KiT-'i '.

Sa signature figurait sur les feuillets en blanc réservés à la suite de la Préface générale des anciens Statuts de l'Ecole de chirurgie, suivant l'usage établi pour les Prévôts de l'Ecole ; la majorité des maîtres l'avait élu à cette charge que le titulaire ne pouvait occuper plus de deux ans et qui lui imposait surtout les devoirs de faire observer les statuts, poursuivre en justice les Empiriques et faire emploi des deniers communs. Il avait succédé à Etienne Boison, et fut remplacé par Pierre Mattot'-.

Bertiiereau ne s'en remet à personne pour l'achat des « ferrements », bistouris, ciseaux et lancettes qui lui sont nécessaires ; il les choisit et les paye lui-même sur (juittances que la maison lui rembourse ; de même, il reçoit directement les instruments de chirurgie commandés par lui à son fabricant, de façon qu'ils ne passent point par d'autres mains que les siennes ; à Paris, tout au moins, il n'a qu ua seul fournisseur, Bazin dit Millefleur, de la corporation des couteliers, qui a la spécialité des instruments d'acier, ceux d'argent étant réservés aux orfèvres '.

Le ciioix d'une bonne lancette est, en elfet, chose essentielle pour une bonne saignée, et Bazin a toute la confiance du chirurgien, car il ne fabrique pas seulement sur ses indications ses lancettes du type d'Ambroise Paré, à doul)le charnière mobile '*, qui sont alors en usage, et le resteront longtemps encore, mais il les lui repasse aussi : confraternité de métiers nécessaire sur un point aussi délicat, et qui a une telle importance que soixante ans plus tard, dans son cours au Jardin des Plantes, le célèbre Dionis racontera à ses élèves qu'il ne se sert que des lancettes de Gorsin, couteber à Lyon, auquel il les envoie aussi repasser pour lui-même, « de crainte qu'un autre coutelier, par jalousie, ne les lui détrempe •> ».

Le chiffre des fournitures de Bazin pour une seule année (116 livres ?) sols) nous édifie sur l'abus que le Cardinal faisait de la saignée. Affaire d'époque d'abord : au xvii'" siècle, la lancette est l'épée de chevet de la

1. Devaux, Index funercus cliirunjicoruiii l'arixieiisiiiin, Paiis, 1714, p. ;)2 el suiv.

2. Quesnay, Recherches cril. el hist. sur Vorujine, sur les divers élals et sur les profjrès de la chirurijic en Frnnce, Paris, 1744, p. 387.

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