‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 203 sur 464 · Ibid., t. VI, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. VI, p

LA SANTt; DE RICHELIEU 217

cuisse qu'il se plaint de ne pouvoir remuer; lîerlliereau préside les chirurgiens consultés sur le cas, et sauve le iilessé en faisant lui-niènie l'amputation du membre h « trois doigts près de la iianche ' ».

Cette opération, faite avec un plein succès, mit le sceau îi la réputation de Berthereau, e( c'est grâce à elle certainement tpie nous est reste à l'époque, sans toutefois qu'il soit nommé, l'unique détail qui le concerne.

Berthereau est inscrit au Testament du Cardinal pour un legs de 6.000 livres, comme IMouvn, avant lequel il figure cette fois, au-dessous de Renaudot (jui le sépare de Citoys ; au moment de cet acte, il devait être certainement auprès de Richelieu, parmi le groupe de chirurgiens (pii l'entouraient, occupés « à jouer sur lui des couteaux » ; le Cardinal pourtant ne le mentionne dans aucune de ses lettres, même à des intimes comme des Noyers, oi'i il parle de sa maladie - ; s'il faisait une exception pour Juif, le chirurgien de Louis XIII, c'était une manière de faire sa cour au roi, en faisant à part lui des comparaisons qui n'étaient probablement pas à l'avantage de celui-ci : il visait sans doute Berthereau, par une allusion discrète, lorsqu'il écrivait à Chavigny et à des Noyers dans un accès de découragement ou de dépit : « Entre nous trois, M. Juif est chirurgien comme un autre, capable de grandes bévues. Je vous prie n'en parler point à la cour, mais certainement je ne voudrois pas qu'un de mes amis fust pansé par luy seul •'. »

.\près la mort du Cardinal, Berthereau. riche de libéralités, se livra tout entier k la philosophie cartésienne dont il défendit avec vigueur les principes contre l'école tles Péripatéticiens dans toutes les réunions de philosophes ; il eut pour amis intimes Bourdelot et Ménage, et par son jugement droit et son solide bon sens, il s'attira la considération des gens de lettres.

De goûts simples, aussi modeste que savant, avant tout charitable, il subvint jusqu'à sa mort aux besoins d'un grand nonibre de familles nécessiteuses, ne réservant pour lui de ses revenus ([ue le strict nécessaire ; comme Le Masle, il légua à IHotel-Dieu qu'il avait de son vivant associé à sa fortune, tout ce (ju'il possédait, plus de 70.000 livres ^

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