Tallemant, Hist., t. IV, p
4. Satyre d Estai (1635). [Pièces curieuses en suite de celles du s' de Saint-Germain, 1644, Anvers, t. IV, p. 205.)
5. Jean de Renou, Dispensatorium medicam, Francfort, 1615. Einpyrica, p. 80.
6. Hierosme Fabrice d'Aquapendente, <JEuvres chirurgicales, Lyon, 1638, p. 283,
â22 La maison du cardinal dé Richelieu
car dans la liste des Prévôts de l'École de chirurgie, il y a un Pierre Bernard, et nous retrouvons un barbier juré avec les mêmes nom et prénom dans la liste des bourgeois notables de Paris à la lin du xiv" et au commencement du xV^ siècle '. La femme de Pierre Bernard n'est pas la seule de son sexe, en tout cas, à faire la concurrence aux chirurgiens et aux liarbiers ; d'autres « opératrices » sont connues alors dans Paris : << la nommée Giot, mère du premier sergent de la Bastille, célèbre par ses emplastres » vient de guérir, après un mois de traitement, le fameux maréchal de Bassompierre de la plaie fraîchement rouverte du coup de lance reçu au tournoi de mai IGOS - ; une autre, Blanche, la vieille servante de Renevilliers, qui lui tient lieu de laquais et va souvent le quérir le soir à la ville, montée sur son cheval et l'épée au côté, n'est pas moins populaire dans la ^'ille neuve de Gravois près de la Porte Saint- Denis ; elle sert, en elfet, de chirurgien au quartier où elle saigne et renoue, ayant longtemps servi dans un hôpital où elle a appris cent recettes '.
Ce n'est point là une nouveauté, du reste, et de tout temps, les femmes ont exercé les métiers se rattachant à la santé et aux soins corporels ^. La Taille de Paris de 1692 porte dans les métiers 29 « meires » et 8 « meiresses » ; on lit dans les rouleaux des panneteries de la cour des comtes d'Artois k la date du 28 mars 1298 : « Item à une famé qui guarit Robert monseigneur de son œil pour poivre qui lui estoit entré dedans ^ » ; une charte du roi Jean, de décembre 13.')2, mentionne des praticiens des deux sexes; d'après les comptes de l'Hôtel de 1479, Louis XI emploie une (( sirurgienne » au nom poétique de Guillemecte du Lys '' ; l'Almanach historique et géographique de Picardie publié à Amiens en 1661, donne les noms de huit femmes apothicaires '. Enfin plus près de nous, au XYiii"^ siècle, l'un des factums les plus curieux des » Causes amusantes et connues^ » a pour héroïne une <i opératrice », au nom significatif d'Etiennette Boyau, passée maître dans l'art du remède cher à Richelieu
1. Leroux de Lincy et Tisseran<l, Punis et sos historiens aux XIV' el XV^ siècles,
2. Bassompierre, Mémoires, édil. Micluuid, p. 3")7 (sept. 1638).