‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 212 sur 464 · Kveael, Lettres..., t. III, p. 518 et suiv · texte numérisé non relu

Kveael, Lettres..., t. III, p. 518 et suiv

2. Aff. étrang., Angleterre. Corresp., Vol. 44, {"' 77 et 78.

fortune privé de mes ;iinys et de mes habitudes. Ce peut estre, dans l'esprit des moins iiitelii<;eiis de celte ne<;-ociation un pou d'honneur, mais mes actions et mon procédé ont esté tousjours très inocens. Si j'ay de niauvoises qualités pour ce pays, ce sont celles d'estre catholique et bon François. Je m'estimeray toute ma vie très heureux de les posséder. \'oilà, Monseigneur, la narration que je fais à Vostre Grandeur. Je croy qu'elle ne vous sera point importune ni désagréable, cela regardant le service du Roy. Je vous la fais comme à une persone des plus éminentes et plus affectionée à cet Estât. Kt comme Chrestien, j'implore vostre charité, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur,

Depois.

« De Londres ce 24 aoust 1630 '. »

Le roi d'Angleterre redoutait probablement, pour des motifs tout particuliers, l'immixtion de ce médecin français dans la maison de la reine ; cette robe longue devait, à ses yeux, cacher un espion du Cardinal. Son refus brutal et systématique sur ce point, alors qu'il permettait le rétablissement de la maison religieuse, chose autrement grave au point de vue de la politique intérieure alors si menaçante, ne peut avoir d'autre cause. Etait-il justifié ? 11 suffit, pour dissiper tous les doutes, de voir le rôle que jouera plus tard auprès de la reine-mère malade à Cologne, Riolan son ancien médecin domestique, qu'on lui dépêche, sous couleur de piété filiale -. Les termes mêmes de la lettre de plaintes de Depois sont trop diplomatiques pour qu'il n'y ait pas des dessous ; et le mot de « bon Français », bien pesé, laisse entrevoir des instructions secrètes accompagnées de promesses. Le Cardinal avait dû choisir à bon escient le médecin pour ce poste délicat; mais, s'il le connaissait déjà, il ne l'avait pas assurément encore à son service, car il n'aurait pas confié une pareille mission à un homme lui appartenant d'une façon quasi officielle ; c'eîit été aller d'avance, en sa personne, à un échec certain. Voilà qui nous fixe une limite inférieure sur la date probable de l'entrée en fonctions de Depois chez le Cardinal. 11 y a plus ; cette situation rémunérée de 300 livres, des gages exceptionnels, les mêmes que ceux de Vaultier à ses débuts chez la reine-mère-', n'est-elle pas comme un dédommagement des préjudices de toutes sortes que lui a valu cet échec dans lequel il n'est pour rien, frais de voyage et de séjour à Londres, perte de sa clientèle, etc. Il faut également remarquer que Depois ne figure pas à l'Etat des

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