‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 216 sur 464 · PRÉVOST · texte numérisé non relu

PRÉVOST

Le valet de chambre a dans ses attributions tout ce qui concerne l'habillement ; il a soin de tenir les habits du sfij^ncur, bien propres et bien nets, de faire son lit et sa chambre ; l'entretien des armes lui incombe également; la discrétion et la fidélité lui sont spécialement recommandées'.

Ses loisirs sont nombreux ; aussi l'abbé Fleury lui recommande-t-il de se créer un métier pour éviter loisiveté, le vice qu'il a le plus à fuir; « il faut qu'il sache écrire, raser, peigner, et même coudre en cas de besoin. La chirurgie est un art qui leur convient, ainsi que les métiers de perruquier, tailleur, tapissier. Ils pourront y travailler dans le temps qu'ils seront libres, et n'en seront que plus propres au service'-. »

Ce cumul est, du reste, la règle presque générale ; le valet du marquis de Rambouillet est chirurgien'', de même que celui du marquis de Montbrun '*, et sauve la vie à son maître dans un accident. Montauzier, qui le premier porte perruque, exige du sien qu'il soit perruquier''. Des trois valets que Richelieu laisse à son neveu, en réglant sa maison, l'un deux doit être tailleur, l'autre « blanchisseur de linge •"' » ; Souscarrière en a aussi qui jouent du violon^ ; c'est là, au demeurant, leur occupation favorite.

Il y a aussi le valet gladiateur ■'', car les fleurets font partie de l'équipage de certains seigneurs de la cour''; à l'occasion même, comme des

Page 1