LA CHAMBRK. LES VALETS DE CHAMBRE
Dans la maison de Richelieu, il est vrai, coinnK' chez tous les grands seigneurs, il \" a en plus le bénélice de la garde-robe ' (peu important chez le roi. comme on la vu') '•, et surtout le bénélice de leur situation auprès dun maître puissant, vis-à-vis des solliciteurs ou des quémandeurs.
« C'est à vous à vous pourvoir, répondait le duc d'Angouléme à ses gens qui venaient lui demander leurs gages; (juatrc rues aboutissent à Ihôtel, vous êtes en beau lieu ; proiitez-en si vous voulez -'. »
La domesticité de Richelieu ne devait certainement pas faire exception à la règle; bien que le maître grondât sévèrement lorsqu'il avait connaissance de quelque abus de ce genre ^, il fermait les yeux sur un usage reçu. L'exemple venait de haut ; les valets de chambre du chancelier Seguier ne se faisaient point faute, d'après la chronique, de mettre à profit leur situation ', et la peinture imagée qu'a faite Tallemant de la pratique courante de cette maison ne paraît plus exagérée, à lire << l'Etat des frais pour obtenir la concession du canal de Briare en 1638 '' ». Audessous d'une aumône de 8.00U livres qui cache probablement un versement à un personnage important, les valets de chambre de « Monsieur le Chancelier » sont inscrits pour 100 livres; son suisse n'a pas été oublié; et il n'est pas jusqu au valet de chambre du P. Joseph dont la la compagnie solliciteuse n'ait dû s'assurer la faveur par un don de 20 livres.
D'après le Compte de 1639, Richelieu avait alors cinq valets de chambre, alors que. dans sa lettre à du Pont de Courlay sur son train de maison, il dit n'en avoir jamais plus de trois"; elle est écrite, il est vrai, en 1636; mais dix ans auparavant, il en avait déjà quatre*; l'on peut donc supposer qu'en réalité, trois seulement étaient effectivement attachés à sa personne, les deux autres ayant dans la maison, malgré leur titre, des fonctions spéciales, comme nous le verrons plus loin.
Desbournais, un tourangeau, le premier nommé, est au service du Cardinal depuis l'époque où il faisait ses études de philosophie à Paris,
1. Tallemant, llist.. t. VI, p. .320. Claude Fleury, Les devoirs des maîtres et des domestiques, p. 24".
2. Testament polit., I" partie, cliap. vu. p. 175. .3. Tallemant, Hist., t. I, p. 161.
4. Sandras de Courtilz, .U(*m. de M. le Comte de Rochefort, La Haye, 1710, p. 28. ."). Tallemant, Hist., t. III, p. (H.