‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 231 sur 464 · Tallemant, Ilisl., t. 111, p · texte numérisé non relu

Tallemant, Ilisl., t. 111, p

3. (' M. le Cardinal de Uichelieu éloit très soupçonneux. Desnoyers son valet de chambre éloit lu seul qui couchast dans sa chambre, et qui le veillast. Avant que de

La chambre. — I.ÉS VALETS DE CHAMBRÉ 243

point voir vis-à-vis de Sublot un de ces traits de froide ironie dont il était coulumier? Ce serait dans ce cas une allusion railleuse, devenue ha!)ituclle, à ces innombrables cousins ' dont le sccrctaire d'Etat taisait toujours l'éloge pour les pousser dans la faveur du Cardinal, et que l'on voit revenir à chaque instant dans ses correspondances, le sieur de Mantin -, M. de Lessé '\ M. des Touches ', le sieur de Rouville ', le sieur d'Aubray •'...

Par son testament, Richelieu léguait " au Cousin » 6.000 livres comme à Desbournais; les deux autres valets de chambre, LespoUette et Prévost, qui étaient encore à son service, recevaient chacun 3.000 livres, la moitié seulement; ils étaient, il est vrai, des nouveaux dans la maison, car l'Ktal de ltJ2G ne les mentionne point.

A la mort du Cardinal, LespoUette passa au service de Mazarin, chez lequel nous le retrouvons quelques années plus tard, avec les mêmes fonctions, dans deux circonstances : de Navailles, ancien page du Cardinal de Richelieu, devenu Sergent de Bataille, venant faire sa cour à Mazarin, un soir que Monsieur le duc d'Orléans y jouait, se présente à la porte de sa chambre ; comme il n'est point des favoris connus, il se morfond dans l'antichambre alors que les autres personnes qui étaient là entrent dès que l'on a ouvert ; il s'entend appeler par son nom par l'un des valets de chambre; c'est LespoUette qui l'a reconnu, et le fait entrer". De Navailles raconte comment il dut sa fortune à l'entrevue particulière qui s'ensuivit avec Mazarin ; on voit que la protection de LespoUette n'était pas chose à dédaigner à l'occasion, et que la solidarité dans la famille de Richelieu n'était pas un vain mot, même après sa mort.

Deux ans plus tard, Xaudé nous le montre encore dans l'antichambre de Mazarin, recevant Mascurat l'imprimeur et lui remettant deux pistoles,

se coucher, il visiloit tous les recoins de sa Chambre. Un jour qu'il regardoit sous le lit de son valet de chambre, il y vit deux bouteilles de vin que ce valet y avoit mises pour se désaltérer pendant la nuit. Il s'imagina que ce pouvoit être du poison, et il le contraignit à les boire toutes deux en sa présence, n Menagiana, Amsterdam, 109j, t. II, p. 44.

i. « Ce M. Desnoyers était d'une médiocre extraction et possédait beaucoup de parents pauvres, car il n'était redevable qu'à lui-même du poste important de secrétaire d'État auquel il s'était élevé. >> Mém. de M. d'Arlagnan, Cologne, 1700, t. I,

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