‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 238 sur 464 · LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE

instrument iimniviu pour lui, avec accompagnement de luth par Hauteribe, et de violon par Boili-au ' ; son plus grand [)laisir, lors([u'il va (liez son père, est d'écouler pendant le diner les quinze violons de la maison royale -, et les joueurs de cornemuse ■'.

Plus tard, il a sa musique de luths qu'il fait jouer, une fois couché, et même encore à l'âge de li ans ', il s'endort aux airs de Le Bailly ■', musicien célèbre sur cet instrument, qui partage sa faveur avec La Chapelle •* son joueur d'épinelte.

Cette passion s'accentue chez lui avec l'âge ; il donne à Lambert, le fameux chanteur, une pension de 400 livres " ; en 1638, après la mort de Nicolas de Formé, chantre puis sous-maître et compositeur de la chapelle, dont il faisait grand cas, il fait enlever ses œuvres par un exempt de ses gardes, et enfermer dans une armoire qu'il fait faire exprès et dont lui seul a la clef et prend soin ^.

Louis XIII composait même, comme Lambert et comme Formé; lors de ses chastes amours avec Mademoiselle de Hautefort, la musique de sa chambre venait trois fois par semaine, chez la reine, après le souper, donner le divertissement, avec des airs de sa composition, surdes paroles de lui, dont le sujet n'étaitjamais que Mademoiselle de Hautefort ^; c'est à une autre époque, sans doute, qu'il battait lui-même la mesure dans un concert où M. de Mortemart et le maréchal de Schomberg faisaient leur partie avec tous ceux de la musique de la chambre, et à la lin duquel on chantait des airs du roi, en répétant le dernier jusqu'à quatre fois de suite ; car cette fois le roi, moins galant, n'y voulait point de femmes, pour la raison, disait-il, ([u'elles ne peuvent se taire "^'. D'après l'abbé Gobert, l'aumônier du Cardinal, il avait travaillé au chant de quatre des Psaumes de David paraphrasés en vers français par Godeau ' ' ; de l'œuvre royale, il nous est resté une chanson à quatre voix composée entièrement par lui : « Tu crois, o beau soleil » bien écrite et d une harmonie pure '-.

Page 1