‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 239 sur 464 · Fetis, Biog. univ.des musiciens, Paris · texte numérisé non relu

Fetis, Biog. univ.des musiciens, Paris

Si l'on en croit Tallemanl, il fut moins bien inspiré lorsqu'il mit en air un rondeau fait par Miron, maître des Comptes, sur la mort du Cardinal : « Il est passé, il a plié baguages ' ».

Durant sa dernière maladie, où il prévoyait sa fin très prochaine, il avait même mis en musique le De Profundis, qm fut chanté dans sa chambre, suivant l'usag-p, dès qu'il eut expiré - ; quelques jours avant sa mort, il faisait chanter devant lui, à de Xiert, de Cambefort et de Saint- Martin, debout dans la ruelle de son lit, un canti(jue de Godeau sur un air composé par lui, en mêlant sa voix aux leurs ■^.

Sa chapelle se composait, outre le maître, de cinquante officiers servant par semestre ''.

La musique du Cardinal était moins importante ; d'après Aubery, elle était formée par douze musiciens « les plus rares de cette profession qui fussent en France, tant pour les instrumens que pour les voix. Ils le suivaient partout; on leur fournissait les chevaux pour les voyages et ils étaient défrayés'' ». En UiSÎ), nous sommes loin de ce chiffre, car le Compte ne porte que cinq musiciens, auxquels il faut sans doute ajouter, pour se rapprocher de la réalité pratique, Thomas Gobert, l'aumônier, et aussi le maître à danser des pages, certainement capable de tenir sa partie ; en 1626, elle était encore plus modeste, ne comprenant que Hébert, Buillette et Tupin '' : ces deux derniers ont disparu de la maison en 1 635 ; à ce moment, il y en a au moins six; quatre d'entre eux nous sont donnés par une pièce comptable, une note des frais de leur voyage à Paris, Le Fresne, Robert, de Saint-Martin et de Cambefort " ; Hébert qui n'y figure point et que nous retrouvons avec ces trois derniers en 1 639, avait-il quitté

1. Tallem.Tiil, //l's/., t. Il, p. 91. — Guy Patin, Lettres choisies, Rotterdam, 169», p. 174. Il s'allirait du terrible G.TSsion, un matin qu'il lui demandait en sortant de sa cha[)ellc son opinion sur la musique de sa messe, la verlo repartie que " six tambours et six trompettes faisaient l)eaucoup plus de bruit » (Abbé Pure, Vie du mareschal deGassion, H" part., liv. I, p. 183). — De Gassion se rencontrait presque mot pour mot avec L'ombre de Henri/ IV au roy : « Les Trompettes et les Clairons sont l'harmonie convenable aux Princes » (161.Ï, p. 34).

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