‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 250 sur 464 · Ihid., l. V, p · texte numérisé non relu

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l'administration de la maison 261

Avec un train comme celui de Richelieu, une seule personne n'aurait pu suffire aux charges et aux responsabilités que nous avons énumérées, compliquées des nécessités du cérémonial ; de l.à la division du travail, et la présence de deux autres personnages, le contrôleur et l'argentier, dont les noms indiquent assez les fonctions. Tous les jours, au matin, le maitre d'hôtel et le contrôleur assistent, dans la cour des cuisines, à l'arrivée des pourvoyeurs, qui, avec son valet, qui avec son mulet ou son chariot, amenant les provisions commandées d'avance par le premier; c'est là qu'en a lieu la « délivrance ' » ; les fournitures sont examinées, comptées ou mesurées ou pesées à la balance soigneusement entretenue à cet etTet. Le maître d'hôtel s'assure minutieusement que ses commandes ont bien été exécutées, refuse, lorsqu'il y a lieu, les fournitures suspectes ou non prévues -; il a en mains le barème des prix qui est la base des marchés et d'après lequel il dressera l'état de la recette. Cet état quotidien est vérifié et porté au bureau de la dépense ^ qui se tient tous les trois jours ou deux fois la semaine, et dans lequel le contrôleur tient la plume ; ils servent, à la fin de chaque mois, à dresser les certificats mensuels signés par le maître d'hôtel et le contrôleur, sur le visa desquels l'argentier payera en retirant quittance ; et c'est sur la série de ces pièces justificatives que seront établis les relevés mensuels de dépenses par chapitre, dont le maître de chambre signera l'arrêté après collationnement.

Comme on le voit, c'est une comptabilité-matière complète qui ne le cède en rien à nos procédés administratifs les plus rigoureux. Elle était loin d'être aussi savante alors que Richelieu était évêque de Luçon ; sa maison ressemblait fort en ce temps-là à celle que décrit Audiger, avec quelque commisération, pour « les personnes qui sont bien de même qualité, mais qui n'ont pas tant de revenus, et qui par conséquent ne veulent pas avoir tant de monde *. » Le Masle cumulait alors les fonctions d'intendant, maître d'hôtel, contrôleur et argentier, mais il devait, malgré tout son bon vouloir, flatter assez peu l'orgueil du Cardinal, et rehausser insuffisamment la dignité de la maison. Sonmaître en souffrait, et nous avons dit son cri de triomphe, le jour où il apprend à Madame de Bourges, qu'il a enfin un maître d'hôtel, un gentilhomme celui-là, « servant extrêmement bien et à la mode de Paris, sachant fort bien ce qu'il

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