Audiger, La maison réglée, p. 3 et
la maison devait être de la qualité du pain « dit Bourgeois ou do Chapitre >i qui « ne difTèrent que par la forme, tous deux de matière fort blanche et fort pestris, du poids de seize onces et du prix d'un sol quand le sestier du bled froment mesure de Paris est à deux escus et demi, augmentant le prix non le poids à mesure de celui du bled ' » ; or, la mercuriale de Paris indique le prix de douze livres pour le setier de froment en 1639 - ; la proportion nous fixe sur le poids du pain de 1 sol de cette qualité dans cette même année; il est exactement de 10 onces, comme celui de la maison royale ^, et la consommation par jour correspondante, de 40 onces pour les pages, et de 30 onces pour la suite, concorde bien à peu de chose près avec celle qui a été prise pour base par Audiger.
Les boulangers fournissent aussi la farine 'nécessaire à la cuisine et à l'office pour les sauces et la pâtisserie ; son prix se maintient sensiblement le même pendant toute l'année à 4 sols la livre, sauf de très légers écarts pour les mois de février, d'avril et de juillet, dus peut-être à quelques commandes de fleur de farine, destinée à de la pâtisserie plus fine, et dont le détail ne peut figurer au Compte.
Parisota succédé à Simon Formel qui, six ans auparavant, avait l'entreprise de la fourniture du vin et du bois; son marché date du 8 janvier 1639 ; il s'est engagé à « fournir en tous lieux de vin pur et légal la maison du Cardinal, savoir : pour sa bouche, du meilleur qui se trouvera à dix lieux à la ronde, à six sols la pinte ; pour la suite, du meilleur qui se trouvera dans le quartier à quatre sols la pinte ; et pour le commun, du meilleur qui se trouvera sur les lieux, après le précédent, à trois sols la pinte ».
Dix-neuf ans plus tard, le même Simon Formel, sans doute, sera le pourvoyeur de la maison du Cardinal Mazarin, mais la Fronde a passé avec ses ruines et le renchérissement de la vie, dont nous constatons ici les effets pour le vin évalué dans ce second marché respectivement à huit sols, six sols et quatre sols la pinte, pour les mêmes qualités ^.
La même étude nous donne le prix du bois ; (■ un tiers bûche, un tiers cotterets, un tiers fagots, 23 livres, 12 sols, 6 deniers par jour, du 1" novembre à Pâques, et 12 livres 1 sol pour le reste de l'année )>.
Si nous appliquons ces prix unitaires aux différents mois, nous voyons que les résultats sont loin de concorder avec les totaux mensuels donnés
i. Olivier de Serres, Le théâtre de l'agriculliire, Genève, 1639, p. 727.
2. V'o rl'Avenel, Richelieu et la monarchie absolue, t. II, append., p. 396.
3. Louis BatilTol, La vie intime d'une reine de France au XVII' si/'cle. p. 171.