‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 275 sur 464 · Cherbury, Mémoires, p. od · texte numérisé non relu

Cherbury, Mémoires, p. od

Û'i^'l l.A MAISON DU CARDINAL IlE RICHELIEU

évoluent alors sous les ordres de Daicq, ajoutant au tableau une note de fière élégance absente chez le roi, où l'on ne voit jamais que de « simples et sales marmitons ' » ; mais c'est là l'exception, et en temps ordinaire, leur rôle se borne à celui déchansons du Cardinal et de ses deux voisins, au service desquels sont réservés les deux grands flacons d'argent vermeil doré ciselé de 38 marcs, dont le maître d'hôtel ouvre la serrure devant le maître, ces flacons qui proviennent de la maison du duc de Clievreuse et sur lesquels les armes de Riclielieu ont remplacé celles de leur premier possesseur ; pour les autres convives, Daicq ou Lagarde et ses garçons s'acquittent de cet office, car il ne paraît jamais que les aliments solides sur la table, et il faudra un visionnaire comme le marquis de Rouillac pour avoir l'idée scandaleuse de manger tout seul, « de faire mettre sur sa table son pot et son verre comme sa viande, et d'avoir une clochette pour sonner quand il a besoin de quelque chose 2 ».

Voilà pour la table du Cardinal ; dans une autre salle, est celle des gentilshommes de condition qui le suivent^, et qui porte trente couverts. L'Etat nous a donné quelques-uns de leurs noms : de Graves, de Saint- Léger, Duplessis du Bellay, Duplessis Benart, de Chastellux, Ghamarande... ; c'est aussi la table des « survenans » que l'on veut traiter avec distinction, ou que le Cardinal veut éprouver ^, celle où s'asseoie de La Vergne, le gouverneur du petit marquis de Brézé, et le commandeur de Cinq-Mars, et peut-être aussi l'évêque de Chalcédoine, et ceux que de Morgues a traités de « parasites et sycophantes qui assiègent la table du Cardinal ^ » ou « d'écrivains à gages » comme de Silhon ^ qui vient de faire paraître sa dernière édition du Ministre d'Etat, Daniel de Priezac '' qui vient de répondre au Mars cjallicus, Bois-Robert l'abbé de Çhàtillon, Amalde de Bourzeys, le s"' du Parc, et surtout La Foleine, le plus beau mangeur de la Cour, une fourchette avec laquelle Daicq est obligé de compter et qui, à la lin du repas, attire les regards curieux des survenants mis au courant par leurs voisins, de la formule épicurienne qu'il accoutume pour ses Grâces ^. Elle aussi, cette table a son maître

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