‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 280 sur 464 · Ibid., p. 3S · texte numérisé non relu

Ibid., p. 3S

8. Bien des gens qui vont en voyage Pensent que c'est un grand ménage D'aller loger chés ses amis :

Mais il en coûte, prix pour prix.

Aussi cher (pi'à riiostcllcrie

A moins (|uc de vouloir l'aire une ladrerie ;

Et l'on paye amplement le lièvre elles poulets

Par l'argent qu'on donne aux valets...

Teissier, Verilez sur les mœurs, Paris, 1694, C, p. bO,

c'est que si un de ses gens a pris un sou de qui que ce soit qui couche chez lui, il sera chassé ' ».

La variation de la dépense extraordinaire de chacjue mois donne une idée de l'irréf^ularité du nombre des survenants ; un calcul analogue k celui que nous avons déjà l'ait pour le nombre des commensaux réguliers et attitrés du Cardinal, et sur la même base, c'est-à-dire la consommation du pain, conduit à un total d'environ 3.300 repas donnés dans l'année dans ces conditions, sans y comprendre toutefois le mois d'août qui nous manque ; cela fait une moyenne de huit survenants par jour, chiffre qui n'a rien d'exagéré, il s'en faut de beauconp, pour une maison de cette importance ; remarquons en passant que le mois le moins chargé est celui de septembre où il n'y en a que 2, le mois le plus chargé, celui de décembre, où il a atteint le chiffre de 13. Sous ce rapport aussi, la réputation de magnificence exagérée du Cardinal tient donc beaucoup de la légende, et sa maison est loin d'être une hôtellerie ouverte k tout venant, comme on serait tenté de le croire.

Si les survenants sont peu nombreux, et nous ne comprenons pas sous ce nom les personnes qui ont leur chambre réservée au château de Ruel, et dont l'évêque d'Auxerre tient la liste après Le Masle -, ceux d'entre eux qui ont des équipages sont encore plus rares ; les Comptes des Ecuries nous fixent k cet égard d'une façon précise par l'augmentation de dépense, puisque les chevaux sont nourris par l'entreprise, moyennant un prix unitaire quotidien fixe ; il suffit de jeter les yeux sur la colonne spéciale des tableaux dvi chapitre suivant. La Grande Ecurie n'a reçu dans l'année que deux chevaux de survenants et pendant un seul mois, celui de février; dans cette même période, la Petite Ecurie en a reçu une dizaine soit de selle, soit de carrosses ; il serait intéressant de rechercher quels sont les personnages importants qui ont mis pied à terre au château de Ruel en pareil équipage ; c'est un fait anormal en 1639, car pendant les deux mois suivants, les comptes de Seneschal, l'entrepreneur des Ecuries, n'accusent plus que 48 journées de cheval survenant en mars et 24 en avril. Est-ce le train de MM. de Palluau et d'Estrades, les deux agents diplomatiques qui reviennent à cette époque de Turin, où ils sont allés négocier l'afTaire du P. Monod, de concert

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