Revue hist. el nob. de V Anjou (Doc. incSd., p
2. Le ballet de la Félicité fut dansé à nouveau le samedi l;i mars à l'Arsenal et le 17 mars à la maison de ville (Gazelle, n" 34, p. 164).
* 3. Gazelle. 23 juillet 1639, n" 97, p. 432.
Capelanqui leur donne plus de mal que tout le reste de la chrétienté ^ », a encore envenimé ces rapports, de même que la fermeté quelque peu brutale de l'ambassadeur de France à Rome, le maréchal d'Estrées. En plus des négociations purement politiques, il y a encore l'afTaire du chapeau de Mazarin qui tient plus que jamais à cœur à Richelieu ; voilà sans doute le secret de ce « festin », une politesse diplomatique pour laquelle le Cardinal a dû se faire violence, dans son horreur de ces réceptions culinaires. La seconde audience de Scoti aura lieu six semaines plus tard, à Langres, au cours de ce même voyage, dans des conditions spéciales qui en font un véritable coup de théâtre ; elle sera le prélude d'incidents violents dus à la violation des usages diplomatiques par le nouveau nonce, compliqués encore peu après par des diflicultés avec la Cour de Rome à la suite de l'assassinat de Rouvray, l'écuyer de l'ambassadeur de France, par les sbirres du pape ; mais ce chapitre curieux de l'histoire religieuse du Cardinal sort de notre cadre. Le « festin » de Saint-Quentin qui seul se rattache à notre étude, ne mérite vraiment pas ce nom pompeux qui évoque des largesses ruineuses; ces 307 livres 1 sol, pour lesquels il figure au Compte, sont une somme bien minime, si on la compare aux cent livres sterling que coûte à Cherbury, l'ambassadeur d'Angleterre, le repas qu'il ofl're à son passage à Paris au prince Henry de Nassau, frère du prince Maurice ainsi qu'à sa suite, et où il y a plus de cent plats '-. Ce sont en réalité de bien frugales agapes pour l'époque, malgré les 150 livres 10 sols de viande fournies par les Pérou et habillées par Laurens, si l'on en rapproche le festin donné à Paris en 1616 par le prince de Nevers, après les cérémonies du mariage du roi à Bordeaux : cinquante couverts et dix-huit services dont les plats sont portés par des pages richement vêtus, des sonneries de trompette à chaque service, suivies d'un concert, ininterrompu pendant cinq heures, d'orchestres de hautbois, musettes, et flûtes douces, de violons seuls, et de mélodies de luths et de voix ^.
L'on voit par cette page, ce qu'il faut penser des diatribes furieuses de Saint-Germain reprochant au Cardinal ses « banquets excessifs », « ses ordonnances de cent ou deux cens escus pour la bonne chère, donnés au maistre d'hostel, escuyer de cuisine, bon pâtissier et officier de bouche ^ » , ses « festins de 20, 30, et 40 mille livres, à l'enchère les uns des