‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 287 sur 464 · Marolles, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Marolles, Mémoires, t. I, p

4. Tres-humble, très-véritable. Ires-importante remonslrance au Roy (1631), in-4, p. m. Un édit de Louis XIII de 1629 fixait la dépense des festins, réduite à une somme modique ; il est à croire que Richelieu n'avait pas été étranger à cette mesure.

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autres, alors que le pauvre peuple languit de faim, que les soldats sont mal payés, et que les airaires de S. M. sont reculées » ; la dernière antithèse jette une lueur trop vive sur le véritable but de cette indignation periide pour qu'il n'apparaisse pas clairement, de même que ces récriminations contredisent trop ce que le pamphlétaire a dit ailleurs de la sobriété maladive de Richelieu.

Le Cardinal connaissait trop la valeur de l'argent, et il possédait surtout à trop haut degré le sens de la mesure, pour faire plus qu'il ne fallait; le dernier article de ce décompte, ces ce 12 livres pour les lardeurs qui ont travaillé pour ledit festin » est un de ces traits qui parlent plus éloquemment que tout, dans leur naïve précision : un article qui a dû amener sur les lèvres minces de Richelieu, un sourire amer, lorsqu'il a feuilleté le registre avant que de le parapher, à la vision de son royal maître s'escrimant avec une lardoire, son passe-temps favori d'une saison, sous la haute direction de Georges, son premier écuyer de cuisine'...

Encore une collation historique que la dernière du Compte, et qui précise un intéressant détail d'un des événements politiques les plus saillants de cette année. En 1637 -, à la mort de Victor-Amédée. duc de Savoie, sa veuve Christine, sœur de Louis XIII, Madame Royale, a pris en mains la régence pendant la minorité de ses enfants ; en 1639, sa situation est particulièrement criti({ue. De par sa position géographique d'abord, son duché est continuellement l'objet des convoitises de chacun des deux groupements qui se disputent la suprématie européenne occidentale ; Charles-Emmanuel en a fait la base de sa politique ; le premier, il a compris qu'ii un duc de Savoie pouvait donner la paix et la guerre en Italie, et a cru que l'intérêt de son Etat était de s'attacher tantôt avec la France, tantôt avec l'Espagne, selon l'occurrence et le bien de ses affaires, sans se soucier des traités faits avec l'un ou avec l'autre ». Mais tout en se gardant de la France, il a intérêt à se bien toujours maintenir avec elle, parce qu'elle peut le secourir avec toute la masse de ses forces contre un des membres de la puissance d'Espagne, jalouse plus que toute autre de ses états d'Italie, et ayant toujours le rêve de joindre le Piémont au duché de Milan '■^.

\. Tallemant, llisl., l. II, |). OU.

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