P. Lelong, 1719, n" 8871, p
contre Richelieu étaient anonymes ; il en fait justice en les comparant aux siens quil sig'ne bravement, ce que ne font presque jamais ceux qui lui répondent ', et il rejette avec dédain la paternité des libelles non signés qu'on veut lui attribuer pour l'abaisser et pour le perdre.
Au point de vue personnel, du reste, et en laissant de côté la thèse politique, il a le beau rôle ; il est seul d'un côté contre la phalange d'écrivains aux gages du Cardinal, « l'Académie gazétique - », Hay du Chastelet, « le chef de la bande infâme •' », de Sancy, du Ferrier, Jean Sirmond, qu'il a connu chez la reine Marguerite de Valois, ainsi que Scipion Dupleix, sans compter Richelieu lui-même qui les inspirait toujours, les commandait quelquefois '■* et dut plus dune fois dicter leurs réponses •'.
D'autre part, Saint-Germain défend une femme, une mère, une reine dans l'exil contre un adversaire puissant, il est vrai, mais obligé à toutes sortes de ménagements vis-à-vis d'elle, et l'on verra que le pamphlétaire ne se fait pas faute d'user de ce bouclier.
Aussi, est-il plus sympathique que son adversaire ; l'opinion est pour lui, parce qu'il représente la coalition des intérêts personnels menacés par ridée, et aussi parce qu'il est la Satire du pouvoir, le Pamphlet à la morsure clandestine, qui dévoile ou invente le scandale, alors que les répliques qu on lui donne ne peuvent être que des justifications ofTicielles.
Sa personnalité est bien là pour recevoir les coups, mais qu'est-elle comparée à celle du Cardinal ? « Pauvre prestre », comme il le dit luimême, il n'a rien à perdre dans ce duel, et n'a, par conséquent qu'à penser à l'attaque ; Richelieu, au contraire, doit avant tout, songer à parer les coups, plutôt qu'à riposter à son adversaire qui tire son importance de la sienne propre.
L'on évite de se mesurer personnellement avec lui, ce qui prouve com-