‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 300 sur 464 · Célestin Port, Dicl. de Maine-et-Loire · texte numérisé non relu

Célestin Port, Dicl. de Maine-et-Loire

nommé ensuite grand-vicaire à Quimper où il a dû se rencontrer avec le P. Gaussin, exilé dans cette ville ; ce dernier fait n"a peut-être pas été étranger à sa promotion à Tévêché de Léon que le roi a signée le 2o mars 1037 ', et que le pape Urbain confirme en 1039. Comment expliquer sa présence auprès de Richelieu à Abbeville ? Est-il allé le trouver pour lui témoigner de sa reconnaissance ? Pour prendre ses instructions au sujet de son nouveau poste? Pour lui donner des nouvelles des menées de l'ancien confesseur du roi? Car il se peut fort bien que l'arrivée de Cupif à Quimper ait suivi celle du P. Gaussin dans un but que l'on devine aisément; nous en sommes réduits à de simples conjectures, mais la coïncidence n'en subsiste pas moins, et elle est d'autant plus à remarquer que le Cardinal n'oubliait rien, et avait certainement pris toutes ses précautions vis-à-vis de son ennemi. Peut-être aussi est-ce seulement une affaire de famille qui a amené Gupif auprès de Richelieu ; affaire qui a un retentissement énorme, justement dans cette année-là. C'est bien de l'évêque de Léon que Biron aurait pu dire, sans se tromper, « qu'il n'y a si bonne famille qui n'ait son pendu » ; car ainsi qu'en bon angevin « guoguenard et mesdisant » -, Bautru le reprochait plaisamment au chanoine, en plein chapitre, il avait de beaux exemples dans la sienne, « ayant un confesseur à La Haye, une Vierge dans la cité, et un crochet en Grève ^ ». Si la cousine débauchée, et le cousin capitaine de voleurs de grands chemins étaient une calomnie, il n'en était pas de même du confesseur. Ce dernier, un Gupif, docteur en Sorbonne et prédicateur connu, avait, en effet, embrassé la Réforme en 1027, et abandonné sa cure de Contigné, du diocèse d'Angers, pour se réfugier à La Haye, où il était devenu pasteur et s'était marié ; or en 1039, précisément, un jésuite faisant courir le bruit que le renégat va rentrer dans l'Eglise romaine, Gupif vient de démentir cette nouvelle dans une brochure retentissante ^. Voilà qui élargit singulièrement le champ embroussaillé de l'hypothèse où nous conduit ce cheval de l'évêque de Léon, champ quelque peu éloigné de la maison de Richelieu, mais dont une faiblesse excusable de curieux nous a empêché de détourner le regard.

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