Ibid., t. II, p
4. L'incidenl avait fait grand bruit, et donné lieu à une polémique de factums, dont les suivants :
Lellrc .i MM. les pasieurs et anciens, assemblés au consistoire à Charenlon, Cliarenlon, 1639. — Le qui-pro-quo volontaire et projeté du sieur Cupif, apostat à luy-mesme, Paris, P. Durand, 1027. — Décret de la sacrée Théologie et Faculté de Paris contre
LES ÉCDRIES 319
Le voyage de 1639 en Dauphiné, par la rude saison d'hiver, fut-il fatal à l'Ecurie du Cardinal ? 11 fut nécessaire, en tout cas, de la remonter l'année suivante, et cela rapidement par l'achat d'un lot de chevaux barbes que procura le Commandeur de Guitault commandant pour le roi aux îles Sainte-^Iargucrite et Saint-Honorat ; il ne fut point suffisant toutefois puisque Richelieu, le 10 septembre, lui en demandait encore quelques-uns de beaux et forts '. Deux ans après, depuis Pont-Saint- Esprit, dans son voyage de Tarascon à Lyon, il donnait des instructions à des Noyers au sujet de « deux bardes de 33 Barbes » qu'on lui avait envoyés à Paris ; de Roques fut chargé d'en choisir 8 des plus beaux, mâles ou femelles, afin d'avoir une jument extrêmement belle qui s'y trouvait, et le choix fait, de vendre le reste. « Toutes ces despences extraordinaires m'incommodent fort, ajoutait le Cardinal, et n'en veux plus faire '-. »
La dépense totale moyenne ordinaire des écuries de la maison ressort en effet à 6..') Il) livres par mois, alors que pour la même durée la dépense totale ordinaire de la maison tout entière est en moyenne de 30.870 livres 10 sols ; elle représente donc plus de vingt pour cent de celle-ci ; et l'on comprend que Richelieu la jugeât suffisante sans y ajouter encore la dépense extraordinaire.
Bien que le Compte soit muet sur le détail des chevaux achetés qui figurait peut-être aux quittances, il nous fournit sur leur valeur des renseignements intéressants. Ceux que nous connaissons par les mémoires du temps et qui ont été reproduits dans des statistiques comparées ou dans des barèmes pour le coût de la vie à l'époque, s'appliquent, en effet, à des sujets exceptionnels ; c'est du reste le motif qui les fait citer ; le cheval d'Espagne « alesan, beau et bon et un peu ardent » que Bassompierre avait payé mille écus à Geronimo Gondy •*. celui du marquis de
Fran(;ois Cupif, Angevin, promeu autrefois au degré de doctorat, maintenant déserteur de la Vraye Foy, 1027. — Lettre au sieur Cupif sur sa déclaration, escrile par un sien amy, Paris, 1627. — • Déclaration de maistre FrançoU Cupif, cy-devant curé de Conligné, diocèse d'Angers, docteur en théologie de la Faculté de Paris, où il déduit les raisons qui t'ont meu à se séparer de l'Eglise romaine pour embrasser la foi ré formée, Charenton, Melchior Mondière, 1637. — Response à la déclaration du sieur Cupif, déserteur de la Foy, par un prestre angevin, Paris, 1637. — François Clouet, Le menteur confondu ou Véron atteint et convaincu par le public de mensonges, impostures, malices noires et de production de faux témoins en sa Révocation des sieurs Cupif et Monot avec le coup de l'apostasie de Basile indiquée, Sedan, 1689.