‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 304 sur 464 · Monlglat, Mémoires, Amsterdam, 1727. t. I, p · texte numérisé non relu

Monlglat, Mémoires, Amsterdam, 1727. t. I, p

La Maison du Cakoinal de Uicheliiîl'. 21

LA MATSON Dr T.AHDINAL DE RICIIELIKI"

bon cousin » de M. Daivuy, l'un des dignitaires de réglise de Luçon, de lui prêter ses quatre chevaux de carrosse et un cocher pour s'en aller jusques à son évèché ', où il voulait se présenter avec quelque pompe. En dehors des voitures de toute sorte, chariots, fourgons, carrosses ordinaires, sa remise particulière renferme deux grands carrosses pour son usage personnel ; ce sont de véritables monuments auxquels ont collaboré plusieurs corps de métier qui continuent à les entretenir ensemble. Il y a d'abord le charron, la veuve Lepinte, qui a succédé à son mari dans la maîtrise d'après les règlements de la Communauté des menuisierscarrossiers (c'est son véritable nom) conlirmés par Louis XIII en 1623; sa corporation seule a le droit de fabriquer le " bateau » ainsi que l'on appelle le corps du carrosse, avant qu'il ne soit garni ; en lt)39, c'est elle qui a fait tous les travaux d'entretien qui se rapportent à son métier, mais à Paris seulement, comme le prouvent les certificats des mois de mars, avril, mai et décembre qui viennent à l'appui de son mémoire de (i3T livres 10 sols ; au cours des voyages de celte année, les autres réparations nécessaires ont été exécutées là où se trouvait l'équipage, et les dates des « parties » nous donnent sur ce point des indications exactes. Le 19 juillet, c'est à Saint-Quentin ; le 2o août, à Langres. le 18 septembre, le 22 octobre à Lyon et le 29 octobre à Roanne ; et encore ne s agit-il là que des réparations de conséquence, car lorsqu'une roue se rompt dans la route après une descente pierreuse, un domestique professionnel de la suite, ou même un laquais adroit a vite fait de prendre une hache, couper un arbre, l'accommoder et remettre la roue dans le fer'.

Leur fréquence n'a rien d'étonnant, avec la pesanteur de ces machines et l'état des routes, même les plus fréquentées-', et les accidents de ce genre sont chose prévue et monnaie courante. Souvent ils donnent lieu à des aventures burlesques, conmie celle de ces sept femmes roulant pêlemêle dans l'obscurité sur le pavé du Cours qui mène à Saint-Cloud *. En pleine Beauce, le maréchal d'Estrées a son carrosse rompu de nuit, ce qui l'oblige à aller demander l'hospitalité à l'originale Madame de Chanibrond' ; la fameuse Madame Pilou se démet un bras d;ins une chute

Page 1