MATHIEU DE MORGUES
bien sa plume est redoutée, et lorsque le fait se produit, sa réplique, où il a le dernier mot, soulève des animosités si^'nifîcatives '. Ses amis le savent, et ne raccompagnent point dans la lice, " lui laissant ce qui regarde sa défense, puisqu'il est impossible à tous autres de s'en acquitter à l'égal de luy - ».
Avec de ^lorgnes, le pamphlet prend une allure nouvelle ^ ; nous sommes loin avec lui du << Remerciement de l'adrucat d'Orléans », du « Soldat français » et « de V Avant-Victorieux », dont il se gausse^, du reste, ainsi que des « Admirables propriétés de l'Aluyne » et du « Monstre et chiens à trois testes », de la série des plats libelles comiques qui marquent la période de la faveur du connétable de Luynes, aussi bien que de la suite des plaidoyers sérieux uniquement politiques de Fancan. Il n'est plus seulement la satire plus ou moins incisive ; d'autres autour de lui produiront des libelles, les uns dune basse et injurieuse trivialité, n'ayant réellement pas de valeur au point de vue de l'attaque personnelle, à cause même de leur violence, et parce qu'ils ressassent des banalités, les autres purement politiques -' ; de Morgues, lui, vise mieux et plus haut.
1. La vi'-rilé d('' fendue... Au sage lecteur, 1635, p. 34. [Recueil de pièces... Anvers, 1643.)
2. Lettre d'un vieux conseiller d'eslat à la royne-mere du roy Ires-chrestien, p. 131. (Pièces curieuses en suite de celles du sieur de Saint-Germain... Anvers, 1644, t. III.
3. C. Leber, De l'étal réel de la presse et des pamphlets depuis François /='' Jusqu'à Louis XIV, Paris, 1834, p. 99 à 101.
4. Jugement sur la Préface et diverses pièces, 1635, p. 3. Recueil de pièces pour la défense de ta Re y ne-mère... .\nvers, 1643.)