‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 320 sur 464 · liji'l., t. III, p · texte numérisé non relu

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succèdent à toutes les occasions, le roi « y fait merveilles, encore que de sa nature, il ne s'y plaise pas ' » .

Le nom de Favier, qui initie de toute façon cette jeunesse aux secrets des belles manières, évoque les plus beaux souvenirs de cet art essentiellement français par ses origines - et la perfection définitive que lui donnera Noverre. En 1692, Favier l'aîné, un parent certainement, peut-être le fils et l'élève de celui qui nous occupe, habitant rue Dauphine, « montre à danser dans les deux seules Académies ou manèges autorisés où s'apprennent les nobles exercices pour la belle éducation '^ » ; il est attaché à l'Opéra et fait partie des treize membres de l'Académie de danse établie par Louis XIV en 1661, où sa méthode nouvelle de chorégraphie exposée dans un savant traité '* lui vaut d'occuper un rang spécial à côté de Feuillet son contemporain et son rival. Son frère sans doute. Favier cadet, qui habite en 1692 dans la rue du Petit Lion, professe aussi le même art ^.

Avant la leçon, les pages entrent un par un dans la salle de la comédie, en défilant devant Favier qui les regarde venir de loin, sa « poche » à la main'' ; il leur faut, en effet, avant tout, « avoir bon air" », savoir marcher et porter le chapeau avec grâce ; en passant devant le maître, et suivant son indication, chacun d'eux échange avec lui l'une des trois révérences classiques **, la première des choses qui dénotent « l'honneste homme » et qui plus que toute autre, apprennent ii « avoir des bras » ; tantôt, c'est la révérence en avant, la plus courante, ou la révérence en passant, celle que l'on fait dans la rue en marchant, tantôt la révérence en arrière; avant de passer à celle qui se fait en entrant dans une assemblée Favier insiste sur celle là , car elle marque le plus de respect, en ce qu'elle est arrêtée et pliée profondément ; c'est avec elle que les pages salueront ou les femmes de qualité de visite au château, la duchesse d'Aiguillon (jui vient fréquemment chez son oncle, ou Son Eminence ellemême, lorsqu'ils se trouveront sur son passage, ou qu'elle daignera appeler l'un d'eux, et l'on sait que le Cardinal, l'ancien et galant élève de

i. J. Héroard, Journal de Louis XIII, t. I, p. 288, 347; t. II, p. 109.

2. Orcheosof/raphie dp Thoinel Arbeau (Jehan Tabourot, chanoine do Langres\

3. Abraham du Pradel, Le livre commode pour 1692, t. I, p. 2.ï4.

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