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(|iie Richelieu, étant donné son caractère, ait mis en pratique lians sa propre maison, où cela lui était facile, des idées aussi arrêtées et ([ui lui tenaient tant à cœur, de même ([u'il l'a fait pour tant d'autres. Son Académie ne présentait assurément pas cette lacune; elle comprenait certainement parmi ses maîtres « ce personnagfe de suffisance et politesse requise et dexcellente érudition " auquel il attachait tant d'importance cjue, dans son projet, il se réservait, pour ce poste exceptionnellement, le choix du titulaire, et qu'il en fixait les appointements à mille livres, une somme dont il fait ressortir l'exagération voulue.
Le nom de ce maitre ne figure pas au Compte parmi ceux des officiers de la Grande Ecurie ; est-ce pour éviter des froissements par cette nouveauté trop audacieuse ? des difficultés de préséance ? parce qu'au sens propre du mot. ce nouveau professeur n'est pas un maitre ? Dans aucun des projets ni de Pluvinel. ni de Richelieu, en effet, ce dernier titre ne lui est donné.
Tout en présentant cette attribution sous les plus expresses réserves, nous ne voyons guère dans le Compte qu'un seul personnage avant pu remplir ces fonctions de professeur de belles-lettres ; c'est le sieur du Parc qui figure au chapitre de la Despence faite pour les pages de S. E. ijiii ont quitté les couleurs en 1639- Cette année, la maison a payé pour lui au tailleur Channot un habit complet de 294 livres 16 sols ; il ne s'agit évidemment ni d un simple don, ni d'un habit comme la maison en tnurnit périodiquement aux domestiques, car dans les deux cas, cette dépense serait classée où elle devrait être logiquement, soit dans le chapitre des Aumônes, dons et pensions, soit dans celui de la Despence faite pour les habits des domestir/ues de S. E. qui portent ses couleurs cl autres : elle représente donc une véritable rémunération, et relative à un service rendu k la maison : de plus, la forme de cette générosité, usuelle et normale au xvii" siècle ', est spéciale aux poètes et aux gens de lettres ;
enla ville de Richelieu, et privilèges allribués à icelle, ensemble les statuts et règlemens de ladite Académie, Paris, chez P. Rocolet, 1641. Voici, d'après Caillet, les grandes lignes du programme : 1" Une étude approfondie de la langue française ; 2» l'enseignement de toutes les matières en cette langue; .3» une étude du grec aussi complète que celle du latin ; 4° l'enseignement combiné des sciences et des lettres : 5° la comparaison des langues grecque, latine, française et espagnole ; l'étude de la chronologie, de l'histoire et de la géographie [De Vadminislralion en France sous le ministère du card. de Ricfielieu, Paris, 18o7, p. 383). Entre autres points remarquables, il faut surtout noter les conférences sur leurs études de tous les professeurs de sciences réunis chaque jour, et la prohibition des dictées dans les classes de sciences. {Ibid.,p. 386.1
1. %''■■ d'Avenel, Riclielieu et la monarctiie absolue, Paris, 189"), t. Il, p. 30.
pour n'en citer qu'un exemple, à la mort du duc de Mantoue, maître Adam implore en méchants vers l'abbé de Marolles pour lui obtenir un habit de deuil de la Princesse Marie ' ; d'autrefois, ce sont des chaussures qu'il fait quémander pour son lils, en l'adressant, sabots aux pieds, et chevilles en main, à l'abbé de Saint-Martin -, et à la princesse Anne ^ :
Pour cli;iiig:er en du cuir ses deux souliers de bois.
La coutume en persistera longiemps encore dans la Lfueuserie parnassienne, et au siècle suivant, Fastidas donnera la mesure de sa prodigalité, en déclarant » qu'il y a cent poètes dans Paris revêtus de sa garderobe ' » .
L'article de la dépense qui vient après celui-ci ne fait que confirmer 1 hvpothèse, avec cette fourniture de livres faite au s'' du Parc par le marchand libraire Cramoisy et payée par la maison ; enfin ils sont tous deux inscrits au chapitre des Pages, ce cpi prouve que le service rémunéré a trait à l'Académie ou au collège.
En 1639, le titulaire du prieuré du Parc ou de Notre-Dame du Parc, prieuré conventuel de l'Ordre de Saint-Augustin, d'un revenu de 2.000 livres', est Robert Boullent, diacre et doyen-chanoine de l'église cathédrale d'Evreux '' ; ses relations avec le Cardinal s'expliquent par d'anciens rapports de famille, et par la situation du prieuré ; celui-ci est en elîet voisin de l'abbaye de Couches ', et lorsqu'en 1027, le Cardinal a obtenu la coadjutorerie de cette abbaye, il a chargé Robert Boullent, l'oncle et le prédécesseur du prieur actuel du Parc, déjà connu de lui, de s'occuper de la réforme du monastère en se rendant à son prieuré **.
Robert Boullent, l'oncle (le neveu s'appelle comme lui), a-t-il dû à la reconnaissance de Richelieu le poste de premier aumônier de la reine mère du roi, qu'il occupe en 1630 ? Est-ce en souvenir de leurs ])ons rapports qu'à sa mort, en 1634, le Cardinal a fait obtenir à son neveu le prieuré du Parc, pour lui confier plus tard l'éducation littéraire et morale