H.Gautier, Trailté des forlificalions, Paiis, 168S
b. Claude Mytlorge, Examen du livre des récréations mnlliémalii/ues, etc. Paris, 1038. — ILid., 1639. — Ihid.. Rouen, 1639.
source dans une vieille tradition de race; un auteur contemporain a eu l'idée d'y suppléer par des formules réduites à leur plus simple expression ; de là ce livre paru il y a quelques années, et qui ne soulève pas peu la colère de Buon : cette série de plaquettes minuscules du sieur de Meynier '. Elles rappellent sing'ulièrement nos fameux mémentos d'examen modernes par leurs titres alléchants : » L'art d'apprendre une science en quatre lei^'ons. » Nous en citerons une seule : n Recueil abrégé de règles et théorèmes de la géométrie prnli//ue mec les maximes de l'art de fortifier et celles d'assaillir » le tout en 34 pages in-12! Malgré son grand bon sens, Du Praissac en faisait, il est vrai, à peu près tout autant avec sa figure de r(( Encyclie militaire », à neuf cercles concentriques mobiles permettant par la combinaison immédiate et mécanique de 63 éléments « de résoudre facilement toute question militaire proposée ' », même la plus complexe.
Moins heureux que pour Favier, nous n'avons pu trouver aucun renseignement sur ses deux collègues Bourdon et Buon ; nous devons toutefois mentionner un homonyme de ce dernier, Nicolas Buon, un éditeur et libraire de Paris, dont la boutique était située rue Saint-Jacques à l'enseigne de Saint-Claude et de l'Homme sauvage ^.
Dans l'ordonnance des Etats d'Orléans de l'JGO, Charles IX ordonnait que ses pages, de même que ceux des Princes du sang et des seigneurs, auraient avec leurs écuyers chargés de les dresser au maniement des armes, un ou deux Précepteurs « qui les instruiraient es bonnes et sainctes lettres, sans permettre qu'ils emploient le temps à autres que vertueux et honnestes exercices * » .
1. De Meynier, Paradoxes contre le» inalhrmaliciens qui ahiisenl la jeunesse... avec un abrégé des règles de la Géométrie, îles principales maximes et règles de fortifier et assaillir les places, Paris, 1624.
2. Du Praissac, Les questions militaires (Les discours militaires, Paris, 1625, p. S4).
3. Nicolas Buon donnait en 1021 l'édition originale de VArgenis de Barclay qu'il réimprimait par trois fois jusqu'en 102b; en 1624, il en avait édité une traduction française avec les portraits de Louis XIII et de l'auteur, et des figures de L. Gaultier. En 1625, il donnait aussi la première édition de la traduction française du Satyricon parue l'année précédente à Reims sous la firme de N. Constant. Ne peut-on rapprocher de cette homonymie de l'éditeur et du maître de mathématiques la prédilection connue de Richelieu pour les œuvres du savant écossais, qui a séjourné à Angers avec son père Guillaume en 160.j, puisa Paris on 1016 avant son dernier voyagea Rome où il mourut en 1621 ? (Jules Dukas, Étude hibliog. sur le .. Satyricon « <le Jean Barclay, Paris, 1880.)
4. Pierre Nero et Estienno Girard, Les Edils et Ordonnances..., Paris, 1685, p. 49.
3KÎ i-A -MAISON ne cardinai. nu; riciiemeu
L'idée était reprise jiar Pluvliiel en l(l2-> dans son projet d'Académie qu'il présentait au roi à la tin de son traité d'équitation ' ; il parlait de la nécessité d'avoir en plus de la trinité des maîtres consacrée pour les armes, la danse et les mathématiques, « un homme de lettres pour faire des leçons à toute cette jeunesse assemblée » : et dans son programme, il n'attrilniait pas moins de deux jours par semaine, l'après-dîner du mardi et du jeudi, à ce nouvel enseignement -'. Il est fort vraisemblable que Pluvinel, qui était l'ami de Richelieu alors premier ministre, n'était que l'écho des sentiments de ce dernier, et son porte-parole auprès du roi ; l'on sait que c'était un des procédés familiers au Cardinal pour faire parvenir des conseils à l'oreille susceptilile de Louis XIIL Par une coïncidence bizarre, en effet, le projet de Richelieu pour une subvention h l'Académie de la rue Vieille-du-Temple, à Paris, subvention destinée à l'entretien gratuit de vingt gentilshommes ^, ressemble singulièrement comme programme à celui de Pluvinel ; la somme de 1(100 livres qu'il iixe pour la nourriture, le logement et l'insti'uction de chaque élève est précisément celle qui est indiquée jDar Pluvinel. Il y ressort de plus les mêmes préoccupations en faveur d'études accessoires devant s'ajouter à l'enseignement professionnel accoutumé, mais avec le côté pratique que l'on retrouve toujours chez Richelieu; le (Cardinal voulait non seulement l'étude de la Philosophie, et en langue française — un bouleversement des traditions scolastiques, — mais aussi l'étude de l'Histoire et de la Géographie et de (I l'Estat des Principautez modernes, singulièrement de l'Europe dont les intérêts nous touchent plus près que leur voisinage ^ ».
Dans son deuxième projet d'établissement d'Académie pour 1000 gentilshommes, la lecture de l'histoire déjà imposée dans le programme au début, revient à la tîn, où le soin en est confié aux sous-gouverneurs ; répétition rare chez Richelieu, surtfiut dans une ébauche, et qui n'en témoigne que davantage de son souci sur ce point. Le plan d'études pour le collège modèle ([u'il voulait établir dans la ville de Richelieu rellèle la même sollicitude pour l'enseignement des langues, des sciences et des lettres ■'>.
Sans insister davantage, voilà bien des raisons, comme on le voit, pour
1. Antoine de Pluvinel, L'inslruclion du roi/ rn l'exercice de montera cheval, l'aris,
■2. Ihid., p. 200.
it. Aubery, Ilisl. du Gard, de Richelieu, p. 617.
V. Hicholipu pensait peul-ètro à ce moment à la qiioslion posée viu joui- par dp Luynos sur la Hohême, question que nous avons relatée plus haut.
."). Déchralion du roij, ronlenanl ieslablissetneni de l'Académie, ou collùye royal