voir1, Lellrrs. ... L. VII, p. 13 et
destre bien botté qu'il se tient les pieds dans l'euu pour se pouvoir botter plus estroit ' » ; elle est aussi le symbole de cette société remuante, plus militaire que civile, qui n'a pas encore désappris de g-uerrojer, et qui jettei'a son dernier feu dans les querelles meurtrières de la Fronde avec laquelle elle disparaîtra -' ; l'œuvre entière de Callot ■* et d'Abraham Bosse est \k pour le prouver, et ce côté des mœurs a son écho satirique à la fois dans un des pamj)hlets sur Paris les plus typicpes de l'époque ^, et dans cette boutade connue d'un espagnol interrogé sur son séjour dans cette ville : » J'y ay vu bien des gens, mais je croy qu'il n'y a plus personne k cette heure, car ils estoient tous bottez, et je pense qu'ils estoient prests à partir ■'. »
Les pages du Cardinal ne dérogent point à l'usage, mais s'ils ne suivent que de loin les élégances changeantes de la cour, ils sont avec la discipline sagement économique de la maison, autrement mieux partagés que leur malheureux petit camarade qui appartient à Georges de Brancas, futur duc de Villars, et qui, en 1601, suit, pieds nus, par les rues caillouteuses d'Avignon, son maître monté sur un bidet étique ''.
La somme allouée à chaque page pour la chaussure et le blanchissage paraît relativement élevée, si nous nous reportons au prix d'une paire de souliers fixé à 12 sols 6 deniers d'après le tarif du Conseil du Roi de 1641, et à celui des souliers blancs de Louis XIII en 1()25 payés à raison de deux livres d'après le compte de l'argenterie ". Les pages du Cardinal étaient, comme on le voit, largement défrayés et mis à même de pouvoir suivre la mode ; ils avaient, il est vrai, à compter avec leur blanchissage, mais au tarif courant des chemises qui était de 1 sol à l'unité ^, ils pouvaient, semble-t-il, subvenir largement aux besoins de cet ordre. Il ne faut pas oublier, toutefois, l'économie rigoureuse qui préside dans la maison du Cardinal aux moindres détails domestiques ; on en peut déduire que les pages étaient tenus à la plus scrupuleuse observance des règles de la correction. Nous avons vu déjà combien Richelieu en avait le souci
t. Tallomant, Ilial., t. I, p. .304.
i. Ihiil. " Maintenant, tout le monde n'a plus (|iio les .soulicr.s, pas mcsmo des bottines » (1600-1065).
3. Al|)lionso Kclllct, l.a inixiTr au Irnip^i de l:i Fromlr, Paris, 1868, cliap. i.
4. La f/ntiuin propriélr des hollcs sans cheval, 1010 {Variétés Itisl. el liU., t. VI,
:;. Tallomant, HisI,., t. I, p. .304.