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364 LA MAISON Dr CARDINAL DE RICHELIEU
avait de Ijoniio heure oliligé le Cardinal à avoir une garde attachée à sa personne : nous reviendrons plus longuement sur ce point, mais nous avons tenu à le signaler dès le début, comme dominant la question. Avec les nnvurs de Tépoque, cette précaution était une véritable nécessité et dun usage courant ; qu'un personnage d'un certain rang se sente exposé à des inimitiés, il s'entoure de spadassins à gages, quelquefois soigneusement triés sur le volet par un préA'ôt de salle '.
Il ne semble pas cependant, rien tout au moins ne l'indique, ni dans sa Correspondance ni dans les Mémoires du temps, que Richelieu ait été gardé par d'autres que par ses parents avant son second ministère ; bien qu'il eût joué un rôle actif dans la lutte du roi avec les Princes, et qu'il eût inspiré et même écrit la Déclara/ion du roi du IH février 1617'- qui les visait, il était alors personnage trop peu qualifié, à côté du maréchal d'Ancre, pour être le point de mire de complots.
Les origines de la Maison militaire de Richelieu sont assez confuses ; avant que le roi lui accordât la garde k cheval régulière telle quelle figure au Compte, le Cardinal aA'ait déjà, dans son A'oyage en Bretagne, au mois de juin 1626, une escorte de trente gardes que l'évêque du Mans avait renforcée par A'ingt gentilshommes à cheval -^
Il donne lui-même ce détail dans une lettre, et il le confirme en écrivant en 1629. que depuis deux ans, c'est-à-dire depuis 1626, il entretient trente gardes à ses dépens '' .
L'Etat de sa maison, dans cette même année de 1626, ne comprend, il est vrai, que dix-huit gardes seulement pour les mois d'octobre, novembre et décembre, passés à Pontoise et à Paris, d'après les rôles signés par de La Borde, le contrôleur ^ ; si l'on remarque de plus qu'il n'y figure point dofïîciers, on peut en conclure f|u'il s'agissait là, non point d'une compagnie réglée, mais de sorte de gardes du corps isolés, de véritables gardesde fortune, ayantloué leurs brasetleur épée à son service, et remplaçant dans le soin de sa conservation personnelle ses parents qui jusquelà avaient seuls assumé cette tâche. C'est bien du reste ce qui semble résulter d'une lettre de Malherbe du 1 i octobre 1 626 datée de Saint-Germain-en- Laye : « Le Roy qui le voit mal vu de tous ceux qui iiiment le désordre (et vous sçavez qu'ils ne sont pas en petit nombre) a désiré qu'il ayt quelques
1. Sailliras de Courlilz, Mrinoires ilu marr/iiis ijc Munlltriin, .Xiiisterdam, 1701, p. 228.